Exposition – Le Moyen Âge dans la bande dessinée

Du Moyen Âge abordé avec humour à celui de notre imaginaire, des récits où fleurissent les stéréotypes à ceux s’attachant au réalisme, (re)découvrez cette période passionnante au travers du 9e art.

Du 27 mars au 13 septembre 2026, la MPMM vous invite à rentrer dans sa bulle !

L’exposition Le Moyen Âge dans la bande dessinée dépeint la façon dont la société médiévale a été ou est représentée dans la bande dessinée contemporaine.

Sans visée d’exhaustivité, elle dresse un panorama passionnant d’une centaine de productions médiévalistes en Belgique et en France, de Prince Vaillant dans les années 1930 à l’adaptation actuelle des Piliers de la Terre, en passant par les publications des revues Spirou et Tintin dès le milieu du 20e siècle.  

L’exposition a été conçue en 2019 par Jacques Verstraeten, historien médiéviste hutois, avec la collaboration de Nicolas Stetenfeld, attaché scientifique à la Bibliothèque des Littératures d’Aventure (BiLA).

En plus d’un contenu informatif, elle propose une série de reproductions de planches de différentes bandes dessinées (« Le trône d’argile », « Arnaud de Casteloup », « Chevalier Ardent », « Les compagnons du crépuscule », « Isabelle » ou encore « Gardiens du Bierzo »).

L’exposition sera accompagnée, à la MPMM, de la présentation de planches originales des artistes et illustrateurs belges Thierry Cayman, Jean-Claude Servais et Marc-Renier.

Maison du patrimoine médiéval mosan

Du 27 mars au 13 septembre 2026

Tous les jours sauf le lundi, de 10h à 17h.

Place du Bailliage, 16
5500 Bouvignes Dinant)
Belgique
+32 82 22 36 16
info@mpmm.be

Source : Maison du patrimoine médiéval mosan

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École d’été – Diplomatique comparée. L’écrit du bassin méditerranéen au Moyen Âge

Org. Paul Bertrand, Arianna D’Ottone, Antonella Ghignoli, José Ignacio Sánchez Sánchez, Jaime Ruano Benito.

Organisée par l’ École Française de Rome (programa DiploMA), IRHT-UPR841 (CNRS), UCLouvain (FNRS), Sapienza Università di Roma – Dipartimento di Storia Antropologia Religioni Arte Spettacolo, Escuela de Traductores de Toledo (Universidad de Castilla-La Mancha) et Universidad de Sevilla (Departamento de Historia Medieval y Ciencias y Técnicas Historiográficas).

L’histoire de l’écrit diplomatique et de ses pratiques ne constitue pas seulement une thématique de recherche largement pratiquée depuis quelques années : c’est aussi un cadre de référence critique nécessaire pour mener à bien une recherche doctorale sur les archives médiévales. Cette école doctorale propose donc une formation à la diplomatique, à l’histoire de la scripturalité, de la production, de l’utilisation et de la conservation de l’écrit pratique et pragmatique au Moyen Âge, pour des étudiantes et étudiants en doctorat qui voudraient renforcer leurs acquis. On y étudiera à la fois la typologie documentaire (chartes, enregistrement et copie, documents d’administration et de gestion), l’histoire des pratiques de l’écrit et la diplomatique au sens large.  

Une particularité de cette école tient à son ancrage assumé à la croisée des cultures écrites du bassin méditerranéen. Il ne s’agira donc pas seulement d’approcher l’écrit diplomatique latin ou vernaculaire européen, mais aussi toutes les autres cultures écrites diplomatiques, sur un pied d’égalité : byzantines, musulmanes, hébraïques, africaines (éthiopiennes notamment). Le choix de Tolède comme lieu d’enseignement, à la croisée des cultures latines, islamiques et hébraïques, est important et permettra des comparaisons fructueuses. Les objectifs sont multiples : établir un contact entre les cultures diplomatiques, permettre des comparaisons, ouvrir les chercheuses et chercheurs à l’échange et à la remise en question de cadres et de paradigmes préétablis en fonction de cette confrontation, mais aussi promouvoir une connaissance ouverte des cultures écrites autour de la Méditerranée. Nous avons déjà organisé une école semblable à Rome du 6 au 10 mai 2024.

La formation sera offerte aux participants sélectionnés sur dossier. Ils bénéficieront d’un logement gratuit le temps de l’école doctorale et leurs frais de voyage seront remboursés correctement.

Les candidates et candidats sont priés d’envoyer leur candidature avec une lettre de motivation, un cv et leur projet de thèse (débutante ou en cours) à l’adresse suivante :  paul.bertrand@uclouvain.be avant le 20 avril 2026. Il n’y a pas de prérequis de connaissance de langue ancienne, sauf pour le domaine dans lequel le doctorant ou doctorante compte mener sa thèse évidemment.  Le comité scientifique de l’école doctorale, composé des différents formateurs, établira une liste des candidates et candidats retenus. Les différentes candidates et candidats seront avertis au début du mois de mai 2026.

Lundi 5 octobre

Présentation de l’école doctorale

Introduction

Dario Internullo : Il papiro nel Medioevo: declino e caduta di un materiale scrittorio (secoli V-XI) / Papyrus in the Middle Ages: the decline and fall of a writing material (fifth-eleventh century) /Le papyrus au Moyen Âge : déclin et chute d’un matériau d’écriture (Ve-XIe siècle).

Antonella Ghignoli : Ecdotics of ‘remains’ and ‘monuments’. Reflections on the prius of any critical edition of Latin documentary texts, including from a comparative perspective.

Paul Bertrand : Le faux dans les cultures écrites latines, grecques, islamiques et hébraïques au Moyen Âge / Forgery in the Latin, greek, islamic and hebrew written medieval cultures.

Mardi 6 octobre

Diplomatique latine 

Visite

Ainoa Castro Correa: Visigothic script(s) in Iberia until the year 1000.

Julio Escalona: Oral memory, local audiences and written records in Northern Iberia, 10th-11th c.

Jaime Ruano Benito : Writing archiepiscopal documents in a multi-cultural city: Toledo (1086-1247).

3 présentations de doctorant.es

Maria Cristina Rossi & Arianna D’Ottone: Some Notes on the Arabic and Latin Documents preserved in the Archives of Pisa.

Diego Belmonte Fernandez : Notarial Practice and Episcopal Documentation in Castile at the End of the Middle Ages through the Case of Seville.

Mercredi 7 octobre

Diplomatique africaine

Anaïs Wion (Institut des Mondes Africains, CNRS) : Introduction to Christian Ethiopian written cultures : pragmatic documents in Ge’ez, Amharic and Arabic.

Diplomatique islamique

José Ignacio Sánchez Sánchez: Diplomatic Practices Across Cultures: The Adaptation of Islamic Notarial Handbooks in Mozarabic Toledo (12th–13th Century)

Jeremy Johns : The Arabic and bilingual documents from Norman Sicily in the fondo Messina of the Archivo General of the Fundación Casa Ducal de Medinaceli (Toledo)

Amalia Zomeño Rodríguez : Witnesses, Judges, and How to Write Arabic Legal Documents in 15th century Granada.

3 présentations de doctorant.es

Jeudi 8 octobre

Diplomatique hébraïque

Javier Castaño : Authenticated Reproduction of documents (Hatpasah) and Pinqasim in Medieval Sepharad: Diplomatic Perspectives.

Judith Schlanger: to be announced.

Visite

3 + 3 présentations de doctorant.es

Vendredi 9 octobre

Diplomatique byzantine

Zachary Chitwood: Byzantine Diplomatics: The Potential and Pitfalls of Examining Eastern Mediterranean Society through the Lens of Monastic Archives.

Guilhem Dorandeu : Introduction à la sigillographie médiévale.

Vivien Prigent :L’apport des bulles diplomatiques à la connaissance de l’administration méditerranéenne byzantine.

Cristina Rognoni: Les documents grecs du fond “Messina” de l’Archivo Ducal de la Fondación Medinaceli (Toledo): écriture et pratique juridique byzantines dans la Sicile normande.

Visite

Appel en français : ici

Appel en anglais : ici

Appel en espagnol : ici

Appel en italien : ici

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Appel à contribution – Bridging Boundaries. Interdisciplinary Perspectives on the Environmental History of the Low Countries

Gent, 3-4 December 2026.

We are pleased to announce the organization of an interdisciplinary conference on environmental history on 3-4 December 2026 in Gent (Belgium). It is the result of a joint collaboration between researchers working on the medieval and (early) modern Low Countries and the Roman Society Research Center. The conference wants to encourage the exchange of recent research, ongoing projects, and current debates between scholars working in different disciplines, including environmental history, environmental archaeology, historical ecology, and historical geography. It invites contributions that study environmental change in the Low Countries (defined as the regions located between the North Sea and the Rhine) from Antiquity to modern times. Contributions that cross boundaries between different disciplines (inter-, multi-, or transdisciplinary research) are particularly welcome.

The two-day program will include plenary sessions where senior and junior scholars, postdocs and PhD students will present current research and state-of-field overviews (clusters of 20 minutes presentations, 10 minutes Q&A). If you would like to present your research at theconference, please send an abstract (max. 300 words) and short biography to dr. Sander Govaerts (sander.govaerts@ugent.be) and dr. Stefan Meysman (stefan.meysman@ugent.be) by 30 April2026. All topics and fields regarding the environmental history of the Low Countries are welcome, including, but not limited to, water management, food production, landscapes, climate, pollution, relationships between humans and other animals, and biodiversity.

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Conférence – Guilhem Dorandeu, « Les premiers usages diplomatiques du sceau par les femmes (Xe-XIIe siècle) »

Séminaire de recherche organisé par l’IHA (K. Wallenwein) en coopération avec l’EPHE (L. Morelle).
8 avril 2026 – 10h00-12h00

Guilhem Dorandeu (École française de Rome), Les premiers usages diplomatiques du sceau par les femmes (Xe-XIIe siècle)

Présidence : Jean-Luc Chassel (Univ. Paris Nanterre)

Inscription
Le séminaire se déroulera sous un format hybride. Pour participer à l’événement, sur place ou en ligne, veuillez vous inscrire auprès de Kirsten Wallenwein au plus tard la veille du séminaire.
Pour une participation en ligne, merci de vous inscrire ici : Zoom

L’IHA et l’École pratique des hautes études organisent en commun un séminaire d’histoire médiévale où des doctorantes et doctorants en thèse bien avancée, mais aussi de jeunes postdocs viennent présenter leurs recherches en voie d’achèvement ou un dossier de leur thèse. La prestation, toujours en langue française, dure environ 50 minutes. Le séminaire a lieu tous les deux mois, un mercredi matin de 10h à 12h.

Source : Institut historique allemand

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École d’été – Crimes de guerre et justice militaire en Europe occidentale et en Amérique du Nord (XIVe-XXe s.)


École d’été à l’Université de Liège
22 au 26 juin 2026

Du 22 au 26 juin prochain, l’Université de Liège, l’Université catholique de Louvain et l’Université du Québec à Montréal organiseront à Liège leur première université d’été en Histoire de la guerre et du fait militaire. Cette édition sera consacrée au Crime de guerre et à la Justice militaire et rassemblera les équipes des projets F.R.S.-FNRS WelCHANGE « À l’origine du crime de guerre ? La violence militaire en question dans les sociétés européennes du XVe siècle » et CRSH « Justice militaire en Europe occidentale et en Amérique du Nord (XIVe -XXe siècles) ».

Cette école d’été réunira une vingtaine de spécialistes travaillant sur l’histoire de la criminalité militaire et de la justice dans les armées, en temps de guerre comme de paix, du Moyen Âge tardif à l’époque contemporaine. L’enjeu de cette rencontre est de réfléchir aux tentatives de régulation juridique, politique et sociale de cette acmé de violence que constitue l’activité guerrière et de fournir à nos plus jeunes collègues les outils conceptuels pour l’étudier. Comment certains comportements furent-ils criminalisés, jugés et sanctionnés ? L’existence de sanctions suffit-elle à attester l’ancienneté de la notion de « crime de guerre » ? Quelle place occupe la justice militaire, entre ses supposés laxisme et sévérité expéditive ? Pour explorer ces questions, l’école d’été donne la parole aux équipes des deux projets ainsi qu’à de jeunes chercheuses et chercheurs.

Parallèlement, l’histoire de la guerre et du fait militaire se trouvant encore trop largement prisonnière de scansions construites autour de grands noms ou paradigmes (Napoléon, Clausewitz, Guerre totale, Mécanisation, Droit international), cette rencontre visera à dépasser ces démarcations chronologiques pour que s’éclairent réciproquement des périodes parfois fort éloignées les unes des autres.

Enfin, sur la base d’un objet de recherche lié à la justice militaire choisi en accord avec les organisateurs, les jeunes chercheurs et chercheuses participeront en amont et tout au long de la semaine à l’élaboration d’une exposition virtuelle, hébergée sur Criminocorpus et à ce titre valorisable dans leur parcours académique.

Cette école d’été est ouverte aux candidats et candidates au Master/Maîtrise ou au Doctorat ayant entamé un travail de recherche dans le domaine de l’Histoire de la guerre et du fait militaire de toutes périodes et régions. Son objectif est de leur donner l’occasion d’approfondir leur maîtrise du champ et de discuter de leurs travaux et hypothèses avec les membres de ces deux équipes internationales (Allemagne, Belgique, Canada, Italie, France, Portugal), ainsi qu’avec leurs pairs.

Pour ce faire, les journées de travail des lundi, mardi, jeudi et vendredi seront organisées en trois temps :

1. Présentation et discussion des travaux des membres des deux projets ;
2. Présentation et discussion sur les recherches des participants ;
3. Préparation de l’exposition virtuelle.

Le mercredi sera réservé à la visite de deux des plus riches musées de la ville de Liège : le Musée d’Armes et le Trésor de la Cathédrale.

Les travaux se feront principalement en français. Une compréhension active de cette langue est donc demandée.

Les frais d’hébergement et de bouche seront pris en charge par l’organisation. Si les budgets rassemblés le permettent, celle-ci interviendra également dans les frais de déplacement.

L’inscription à l’école d’été est gratuite. Le nombre de places étant limité, les personnes intéressées sont invitées à envoyer à l’adresse christophe.masson@uliege.be au plus tard le 15 avril :

une lettre de motivation, exposant un résumé du projet de recherche et la façon dont il est envisagé de le lier à l’exposition virtuelle (deux pages maximum)

un bref CV (deux pages maximum).

Comité d’organisation : Éric Bousmar (UCLouvain), Michael Depreter (UCLouvain), Benjamin Deruelle (UQAM), Christophe Masson (F.R.S.-FNRS/ULiège), Guillaume Pinet (UQAM), Perrine Stennier (ULiège), Quentin Verreycken (F.R.S.-FNRS/UCLouvain).

Comité scientifique : Éric Bousmar (UCLouvain), Michael Depreter (UCLouvain), Benjamin Deruelle (UQAM), Christophe Masson (F.R.S.-FNRS/ULiège), Nicolas Navarro (ULiège), Guillaume Pinet (UQAM), Marc Reneville (Criminocorpus), Sophie Richelle (ULiège), Perrine Stennier (ULiège), Quentin Verreycken (F.R.S.-FNRS/UCLouvain), Sophie Victorien (Criminocorpus).

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Appel à contribution – La violence au Moyen Âge. Usages, représentations, perspectives. Journées d’études doctorales du CIHAM

 Journées d’études doctorales du CIHAM
Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne, Lyon, France
Date de tombée (deadline) : 15 Mai 2026 


« La vie était si violente et contrastée qu’elle répandait l’odeur mêlée du sang et des roses. »
Johan Huizinga, L’Automne du Moyen Âge, Paris, Payot, 1975.

La violence occupe une place centrale aussi bien au sein des représentations contemporaines du Moyen-Âge que dans la recherche en médiévistique (Verdon, 2014). Incontournable, elle reste toutefois difficile à appréhender et à définir en raison de la diversité de ses manifestations. Se frayant un chemin à travers « le sang et les roses », ces journées d’étude doctorales invitent les jeunes chercheuses et chercheurs médiévistes à réinvestir ce topos scientifique. 

On peut, à titre provisoire, définir la violence comme l’ensemble des pratiques et des systèmes de contrainte portant atteinte à un individu, un groupe ou un ordre social. Inscrite dans des sphères diverses et parfois concurrentes – notamment juridiques, religieuses, guerrières ou familiales (Gauvard, de Libera, Zink, 2004) –, elle se manifeste selon des modalités multiples, physiques, naturelles, verbales ou symboliques. Loin de se réduire à des faits matériels, la violence est également façonnée par des représentations dotées de codes spécifiques, qui en modèlent la perception, les justifications et les seuils d’acceptabilité. Effective ou représentée, elle est cependant toujours appréhendée à travers les cadres conceptuels des médiévistes, dont les analyses participent à la co-construction de la violence comme objet historique (Gerhard Oexle et Schmitt, 1997).

Ce triptyque – usages, représentations et perspectives – constitue les axes retenus pour aborder la violence au Moyen Âge non comme une réalité univoque mais comme un objet historiquement et scientifiquement construit. L’attention portée aux usages de la violence permet d’en analyser les pratiques, les acteurs, les motivations et les cadres spatio-temporels. Cette approche ne saurait toutefois être dissociée de l’étude des représentations, qui donnent à voir, à dire et à penser la violence dans les sources littéraires, artistiques ou archéologiques, et contribuent à en définir les contours. Enfin, ces journées entendent examiner les méthodes et outils d’analyse mobilisés par les médiévistes contemporains, dans un contexte où les productions culturelles investissent encore l’imaginaire du « Moyen Âge violent ».

Aussi ne s’agira-t-il pas de réactiver le paradigme de l’« anarchie féodale » ou du « siècle de fer » mais d’interroger à nouveaux frais la violence comme catégorie d’analyse historique. En croisant les approches disciplinaires et les contextes régionaux, on essaiera de mettre en lumière les logiques sociales, politiques et culturelles qui encadrent, régulent ou légitiment la violence au Moyen Âge, et de contribuer ainsi aux renouvellements actuels de l’historiographie médiévale.

Axe 1 – Usages de la violence

Un premier axe d’étude envisagera la violence en elle-même, dans la diversité de ses formes concrètes. L’étude des faits de violence invite d’abord à s’intéresser à ses acteurs. Qui exerce la violence ? Qui la subit ? L’identité des agents violents (individus, groupes, institutions) est par ailleurs indissociable aussi bien des dynamiques de pouvoir entre dominés et dominants que des sphères dans lesquelles elle s’exécute. Les études récentes ont en outre souligné l’importance non plus seulement des violences systémiques et symboliques, mais aussi des corps et des affects dans les phénomènes violents. Les études sur les corps minoritaires, les persécutions et les conséquences traumatiques en particulier participent activement au renouvellement de l’appréhension actuelle des violences passées. À côté de ces violences relationnelles ont lieu d’autres types de violences : celles auto-infligées ou consenties. De la pénitence au martyre, du sacrifice au suicide, l’individu peut être à la fois acteur et victime ; et ces cas sont l’occasion de réglementations singulières tout au long de la période médiévale.

D’autre part, la question du temps, de l’espace et de la motivation de la violence semble aussi cruciale. La planification, la préméditation, la justification ou au contraire la spontanéité et la gratuité apparaissent comme autant d’éléments constitutifs des actes de violence. On interrogera ainsi les cadres légitimes de la violence : les temps et les lieux où elle est tantôt autorisée ou tolérée, tantôt interdite voire condamnée. On sera enfin attentif au déroulement de la violence, à l’intensité de son administration et aux moyens de son application, à la portée symbolique et langagière de ses différentes pratiques jusqu’à la manière dont celle-ci se résout ou est, à tout le moins, pensée comme résolue.

Axe 2 – Représentations de la violence

Un deuxième axe sera consacré aux représentations de la violence. Le fait brut ne parvenant au médiéviste que par les sources, il s’agit de considérer la manière dont la violence est exprimée, mise en scène voire stylisée. Les communications pourront explorer les représentations de la violence au sens large : représentations textuelles, iconographiques et musicales. On s’attachera moins à dresser un inventaire des violences qu’à analyser comment elles sont montrées, racontées jusqu’à parfois se déployer en une « violence-spectacle » ou verser dans une esthétique « gore ». Il s’agira d’interroger aussi bien les desseins de ces représentations et les raisons de leur production que leur réalisation matérielle et leur réception par les médiévaux : les questions concernant les commanditaires des ouvrages croisent ainsi celles touchant aux artistes et artisans ; les enjeux liés aux matériaux, aux couleurs, aux genres ou aux tonalités répondent à ceux attachés au lectorat, à l’auditoire et au public. 

L’étude des sources met au jour des régimes de visibilité et de lisibilité de la violence profondément différents des sensibilités contemporaines ou de l’image erronée, mais accréditée de longue date, d’un « violent Moyen Âge ». Si la violence peut faire l’objet d’esthétisation, d’héroïsation voire de sacralisation, ses représentations médiévales se révèlent plus diverses et ambivalentes. En effet, elle se trouve aussi bien valorisée que dénoncée, minimisée ou passée sous silence. Il n’en demeure pas moins que chacune de ces représentations suit des codes éthiques et esthétiques qu’il nous appartient d’éclairer.  

Axe 3 – Nouvelles perspective

Un troisième axe, enfin, considérera le rapport à la catégorie même de « violence », dans une perspective historiographique et épistémologique. Sous l’impulsion des travaux menés en histoire du droit et en anthropologie dans les années 1970–1980, cette notion a fait l’objet de nombreux déplacements et redéfinitions, s’éloignant du modèle évolutionniste proposé par Elias. Plus récemment, le développement des épistémologies situées et le tournant affectif des sciences sociales ont contribué à reconfigurer encore les approches de la violence, en accordant une attention accrue aux marges (Nirenberg, 2001), aux victimes (Zouache, 2014), aux rapports de genre (Lett, 2024) ainsi qu’aux émotions et aux expériences sensibles qui lui sont associées (Le Jan, 2024). Dans ces conditions, il s’agira de s’interroger sur les définitions et usages actuels du concept de violence en médiévistique. Bien qu’inévitablement mouvant, est-il malgré tout opératoire pour l’étude du Moyen Âge ? 

Ces renouvellements s’inscrivent également dans une réflexion plus large sur les enjeux de représentation et de mémoire du Moyen Âge, dans un contexte où les productions culturelles contemporaines participent activement à la construction et à la diffusion d’une certaine image – souvent violente – de la période médiévale. Les réflexions sur la mémoire actuelle de la violence médiévale seront ainsi les bienvenues. 

Les travaux du CIHAM concernent en premier lieu les mondes chrétiens et musulmans, mais les propositions portant sur d’autres espaces géographiques seront appréciées. Toutes les études liées à l’histoire, à l’archéologie, à la littérature, aux humanités numériques ou à la linguistique seront étudiées avec le plus grand intérêt.

Les Journées d’Études Doctorales du CIHAM se dérouleront sur deux jours les mardi 20 et mercredi 21 octobre 2026 à Lyon. Ces journées pourront donner lieu à publication. Les participant.e.s sont aimablement prié.e.s de solliciter leurs laboratoires pour les frais de déplacement et/ou d’hébergement à engager.

Les propositions de communication, de 500 mots maximum (résumé et titre de la présentation), accompagnées de renseignements pratiques (statut, situation institutionnelle, domaine de recherche) sont à envoyer au format PDF avant le 15 mai 2026 à l’adresse suivante : cihamjournees@gmail.com.

Comité d’organisation :

Margaux Binder (ENS de Lyon), Tom Oubelkhir (Université Lyon 2 et Université de Lausanne) et Adélaïde Pilloux (Université Lyon 2).

Comité scientifique :

Aurélie Barre (Université Lyon 3), Yassir Benhima (Université Lyon 2), Clément Carnielli (Université Lyon2), Dider Méhu (Université Lyon 2), Sylvain Parrent (ENS Lyon)

Source : Fabula

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Publication – « Schriftlichkeit religiöser Gemeinschaften. Zwischen Urkundenforschung und Digital Humanities », éd. Johannes Laroche, Georg Vogeler, Dominique Stutzmann, Marlène Helias-Baron, Sébastien Barret

Welchen Beitrag kann die Diplomatik zur Erforschung der Geschichte religiöser Gemeinschaften im Mittelalter leisten – und welche neuen Perspektiven eröffnen digitale Methoden? Diesen Fragen widmete sich eine internationale Tagung, die im Mai 2024 im Rahmen des FWF-ANR-Forschungsprojekts BeCoRe (Between Composition and Reception. The Authority of Medieval Charters) in Klosterneuburg stattfand. Die Beiträge dieses Sammelbandes zeigen anhand exemplarischer Fallstudien, wie sich durch die Analyse von Urkunden und anderen Formen (spät-)mittelalterlicher Schriftlichkeit – teils gestützt auf digitale Werkzeuge – neue Einsichten in die Geschichte religiöser Gemeinschaften gewinnen lassen.

Accès : ici

Schriftlichkeit religiöser Gemeinschaften. Zwischen Urkundenforschung und Digital Humanities, éd. Johannes Laroche, Georg Vogeler, Dominique Stutzmann, Marlène Helias-Baron, Sébastien Barret, Cologne, Böhlau, 2026 ; 1 vol., 270 p. (Beihefte zum Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte, Siegel- und Wappenkunde, 24). ISBN : 978-3-412-53395-3. Open-access.

Source : Vandenhoeck und Ruprecht

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Publication – Annales. Histoire, Sciences sociales (80, Décembre 2025)

Fondée en 1929 par Marc Bloch et Lucien Febvre, les Annales illustrent, au-delà de ce prestigieux héritage, la recherche historique dans ce qu’elle a de plus neuf et d’original. La revue se veut le lieu privilégié d’un dialogue raisonné, par l’exemple et par le fait, entre l’histoire et les différentes sciences sociales. Nouveaux domaines de la recherche et histoire comparée, ouverture sur le monde et réflexions épistémologiques, travail sur les documentations et réflexivité historiographique définissent ainsi l’esprit des Annales. Une large place est également accordée, dans les pages de la revue, à l’examen et à la critique de la production scientifique récente sous forme de comptes rendus et d’analyses approfondies d’ouvrages marquants, à travers des notes critiques et des forums.

Revue à comité de lecture, les Annales sollicitent également des avis et expertises auprès de spécialistes afin de sélectionner les meilleurs articles et proposer des pistes pour leur amélioration. Les Annales publient des dossiers fondés sur des recoupements thématiques ou des numéros spéciaux consacrés à des champs particuliers de l’histoire. La revue encourage la diffusion bilingue de la recherche par la traduction d’articles en français et en anglais. Elle s’appuie sur un réseau de correspondants internationaux qui nourrissent la revue de recherches venues de tous les continents et qui contribuent à son rayonnement. La revue développe aujourd’hui un podcast et se montre plus largement attentive aux nouveaux formats de diffusion de la recherche.

Marc André – Select La guerre d’Algérie en France (1955–2024): Quels droits à réparation pour les victimes d’une guerre sans nom ?

Philippe Hamon – L’historien et ses sources face à la Saint-Barthélemy (note critique)

Louis Genton – Les écritures du monastère: Documentalité et défense des droits à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés (IXe-XXe siècles)

Valérie Schafer, Frédéric Clavert, Caroline Muller – Les sources nativement numériques Enjeux de documentation et de redocumentarisation

Écrire, réécrire (comptes rendus) : liste complète ici

Source : Cambridge University Press

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Colloque – Textes, livres et discours à l’épreuve de l’imprimé

Ce colloque se propose d’explorer la période charnière de la deuxième moitié du XVe siècle et du développement de l’imprimerie, en se demandant ce que le nouveau média fait à l’organisation des savoirs et des discours médiévaux : comment l’imprimerie réorganise-t-elle, ou non, les hiérarchies entre les textes mais aussi le texte et son matériau linguistique ? On pourra notamment se demander si le format imprimé transforme la mise en page et plus largement la mise en livre de certains types de textes ou ensembles textuels, si le contexte éditorial, au sens large, qui est celui de l’imprimé amène à des variations (favorise-t-il par exemple une actualisation voire un renouvellement linguistique ?) et comment ces changements traduisent des évolutions dans l’économie des genres textuels, des normes linguistiques et/ou dans la valeur relative des textes. Il s’agira ainsi d’interroger les ruptures, mais également les continuités entre diffusion manuscrite et diffusion imprimée.

— PROGRAMME DU JEUDI 2 AVRIL 2026 —

• 13h : Accueil
• 13h15-13h30 : Introduction avec Anne ROCHEBOUET et Catherine RIDEAU-KIKUCHI
• 13h30-15h :
– Paul SCHWEITZER-MARTIN
 (Historisches Seminar, Ludwig-Maximilians-Universität München), Copying and modifying printed incunabula indexes
– Louis GENTON (Paris 1 Panthéon Sorbonne), La transmission du jus commune entre manuscrit et imprimé (Paris, XVe-XVIe siècle)
• 15h30-17h45 : 
Anna DLABACOVA (LUCAS Leiden University Centre for the Arts in Society), Prayers in Print : The Impact of the Printing Press on Middle Dutch Books of Hours
Anne ROCHEBOUET (Université Paris-Saclay, UVSQ, DYPAC), Voir l’histoire universelle, représenter le temps, entre manuscrit et imprimé (Paris, fin XVe siècle) 
Tania LEVY (Université de Bretagne Occidentale), L’écume de la fête : relater, conserver et diffuser les entrées royales autour de 1500

— PROGRAMME DU VENDREDI 3 AVRIL 2026 —

• 10h : Accueil Café
• 10h30-13h : 
Lucence ING (ALMAnaCH, Inria), Le traitement du lexique dans les premiers imprimés, entre conservation et renouvellement
​​​​- Timothée GUYON (Université Paris-Saclay, UVSQ, DYPAC), De la spécialisation à la disparition d’un texte : le dossier de l’assemblée de 1329 face à ses premiers imprimés
Laetitia TABARD (Le Mans Université, 3L.AM), Recadrer L’Oultré d’amour : la relecture de l’oeuvre de Chastelain dans Le Jardin de plaisance et fleur de rhétorique
• 14h-15h30 : 
Catherine RIDEAU-KIKUCHI (Université Paris-Saclay, UVSQ, DYPAC) : Négociations formelles, évolutions et fixité des livres universitaires italiens entre manuscrits et incunables
Sabrina Corbellini (University of Groningen) et Margriet HOOGVLIET (Allard Pierson, Université d’Amsterdam), Reader’s Encounters with Handwritten and Printed Texts in France and Italy during the Long Fifteenth Century: Books as Objects, Paratexts, and Inventories

Jeudi 2 et vendredi 3 avril 2026

Campus Versailles – Salle Mansart
3 avenue Rockefeller, Grande Écurie du Roi, 78000 Versailles

Merci de vous inscrire via ce lien :
cutt.ly/OtYxNhYO

Source : DYPAC – UVSQ

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École d’été – Édition numérique, de la TEI à l’IA

L’École d’été « Édition numérique, de la TEI à l’IA » a pour objectif de former 10 stagiaires (prioritairement M2 et doctorants) à la chaîne de travail de l’édition numérique de sources anciennes, depuis l’acquisition du texte jusqu’à sa publication, en passant par sa structuration. La formation est organisée par l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT-CNRS) avec le soutien de l’Equipex Biblissima+ et se déroulera sur le Campus du CNRS à Orléans la Source du 6 au 10 juillet 2026.

Les technologies et langages abordés pendant la formation seront les suivants : XML, TEI, ODD, XSLT/XPath, XQuery, HTML/CSS, ainsi que les outils de transcription automatique eScriptorium et TransKribus. Une présentation de Graphoskop, développé au sein de l’IRHT, sera également proposée.

À l’issue de la formation, les stagiaires devraient avoir en main les éléments pour être autonomes dans leur projet d’édition.

Porteuses du projet : Marlène Helias (IR, IRHT-UPR 841) et Emmanuelle Kuhry (IR, IRHT-UPR 841)

Intervenant(e)s pressentis :

Georg Vogeler (PR, Université de Graz, Autriche)
Sébastien Barret (CR-HDR, IRHT-UPR 841)
Maria Gurrado (IR, IRHT-UPR 841)

Lundi 6 juillet 2026

Matin

– 10h30 : Accueil
– 11h : Introduction en conférence plénière (anglais) : Georg Vogeler
Repas : 12h30-14h

Après-midi : Emmanuelle Kuhry et Marlène Helias

– 14h : Tour de table : besoins et pratiques des stagiaires (1h)
– 15h : Présentation de différents outils (1h)

– 16h : pause
– 16h15 : Présentation sur les éditions numériques (1h)

– 17h15 : Foire aux questions (30/45 mn).

Mardi 7 juillet 2026

Matin : Emmanuelle Kuhry et Marlène Helias

– 9h30 : Présentation de XML (30 mn)
– 10h : Travaux pratiques sur XML (2h30)
Repas : 12h30-14h

Après-midi : Emmanuelle Kuhry et Marlène Helias

– 14h : Présentation de TEI (30 mn)
– 14h30 : Travaux pratiques sur TEI (2h30)
– 17h15 : Retour d’expérience(s) (30/45 mn)

Mercredi 8 juillet 2026

Matin : Emmanuelle Kuhry et Marlène Helias

– 9h30 : Présentation des langages associés (1h)
– 10h30 : Travaux pratiques avec les langages associés (2h)
Repas : 12h30-14h

Après-midi : Emmanuelle Kuhry et Marlène Helias

– 14h : Travaux pratiques (suite)
– 17h15 : Retour d’expérience(s) (30/45 mn)

Jeudi 9 juillet 2026

Matin : Sébastien Barret

– 9h30 : Présentation et installation de Transkribus (30 mn)
– 10h : Travaux pratiques (2h30)
Repas : 12h30-14h

Après-midi : Marlène Helias

– 14h : Présentation et installation de eScriptorium (30 mn)
– 14h30 : Travaux pratiques (2h30)
– 17h15 : Retour d’expérience(s) (30/45 mn)

Vendredi 10 juillet 2026

Matin : Maria Gurrado

– 9h30 : Présentation de Graphoskop (30 mn)
– 10h : Travaux pratiques (2h30)
Repas : 12h30-14h

Après-midi : Maria Gurrado

– 14h : Analyse et visualisation des techniques d’écritures (1h)
– 15h : Retour d’expérience(s) (30/45 mn)

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