Créés, en 1961, à l’initiative de Michel de Boüard, membre de l’Institut et doyen de la faculté des Lettres de l’université de Caen, les colloques Château Gaillard, regroupent des spécialistes européens de castellologie qui se réunissent tous les deux ans dans un pays d’Europe à chaque fois différent. Dix pays participent à l’entreprise Château Gaillard : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse. Deux autres membres représentent le reste de l’Europe et l’Orient latin. Les représentants de chaque pays composent le comité permanent qui se charge de choisir le lieu d’organisation et le pays organisateur du colloque à venir. Il choisit également le thème des colloques et répartit les communications entre les différents pays.
Depuis plus de quarante ans tous les pays d’Europe représentés dans le « Comité permanent » ont été parcourus à plusieurs reprises : France (Andelys 1962, Blois 1974, Najac 1988, Voiron 2004, Château-Thierry 2018), Allemagne (Büderich 1964, Bad Münstereifel 1976, Schwäbisch Hall 1990, Bad Neustadt 2014), Royaume-Uni (Battle 1966, Durham 1980, Abergavenny 1994, Stirling 2008), Belgique (Gand 1968, Oostduinkerke et Floreffe 1984, Houffalize 2006), Danemark (Hindsgavl 1970, Gilleleje 1996, Aabenraa 2012), Pays-Bas (Venlo 1972, Wageningen 1986, Rindern 2010), Suisse (Bâle 1978 et Gwatt 2000), Luxembourg 1992, Autriche (Graz 1998 et Goldegg 2022), Irlande (Maynooth 2002, Roscommon 2016).
Les relations entre Château et Église étaient au cœur des réflexions des chercheurs réunis à Goldegg (Autriche) pour le 30e colloque Château Gaillard en 2021. Les 28 contributions de cet ouvrage balaient l’espace européen du Danemark au Portugal et de l’Irlande à la Livonie et à la Silésie, avec une incursion en Syrie. Archéologie oblige, elles abordent les bâtiments eux-mêmes et leur architecture quel que soit leur statut : chapelle, église, abbaye, en évoquant leur construction et leur implantation (hors du château ou dans le château et à quel emplacement de ce dernier), mais en abordant aussi les circonstances de leur fondation, les dates, les pouvoirs qui sont à l’œuvre et les relations qu’entretiennent détenteurs de châteaux et établissements religieux. L’antériorité des unes ou des autres est au cœur des réflexions, que ce soit en Bretagne ou en Toscane. L’influence du contexte politique sur la multiplication des églises ou des châteaux est également abordée, ainsi dans l’Angleterre du XIIe siècle, et l’on voit que la transformation de certains monastères en châteaux ou l’inverse s’avère une pratique courante que ce soit en Irlande ou en Allemagne.
Château et Église. Actes du colloque international de Goldegg (Autriche 3-9 septembre 2022), éd. Peter Ettel, Anne-Marie Flambard Héricher, Thomas Kühtreibe, Louvain, Peeters, 2026 (Château Gaillard. Études de Castellologie Médiévale, 30). ISBN : 978-2-96037-782-8. Prix : € 50,00.
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Ce volume présente une étude de l’iconographie de l’Epistre Othea de Christine de Pizan dans le manuscrit 606 du fonds français de la Bibliothèque nationale de France. Composé par Christine vers 1400, l’Epistre Othea est un prosimètre à la forme complexe, dans lequel le sens est le produit des relations qui s’établissent entre chaque texte en vers, et la glose et l’allégorie qui suivent, rédigés en prose. Par sa forme, son contenu, et sa visée didactique, l’Epistre rompt avec les textes poétiques brefs que Christine composait auparavant et marque le début de sa carrière d’écrivaine moralisatrice voulant instruire la noblesse française. Bien que l’Epistre ne soit pas le texte le plus connu et le plus apprécié de nos jours, il s’agit d’un texte majeur dans la vie de la première femme de lettres de la littérature française : le nombre de manuscrits conservés (presque une cinquantaine) atteste de l’accueil que lui ont réservé les lecteurs et lectrices du XVe siècle.
Le manuscrit 606 du fonds français de la Bibliothèque nationale de France, produit entre 1405 et 1408, faisait partie à l’origine du deuxième recueil des oeuvres de Christine, commandité par Louis d’Orléans, fils du roi Charles V (r. 1364-1380) et frère du roi Charles VI (r. 1380-1422). Dans ce manuscrit, chaque ensemble « texte-glose-allégorie » de l’Epistre est complété par l’ajout d’une miniature. Le manuscrit fr. 606 est le plus ancien des trois manuscrits présentant un cycle complet de 101 enluminures exécutés sous sa supervision. Il montre l’approche innovatrice de Christine en ce qui concerne l’organisation textuelle et le rapport entre l’image et le texte, sa capacité à mobiliser une équipe d’artistes de qualité (ici le Maître de l’Épître Othéa et son atelier, le Maître au safran, et le Maître d’Egerton), ainsi que son désir de valoriser le rôle de la femme dans l’histoire et la société. Quelques années plus tard, le peintre responsable de l’iconographie du manuscrit Harley 4431 de la British Library (le célèbre « Manuscrit de la Reine ») reprendra en l’imitant la structure de l’ensemble des enluminures du fr. 606 et la composition de chacune d’entre elles. Le manuscrit fr. 606 est ainsi d’une grande importance pour l’histoire de l’art, de la littérature et des idées.
Mark Cruse est professeur de français à Arizona State University (Phoenix, USA). Médiéviste, ses recherches portent sur le rapport entre la littérature et la culture visuelle, et sur les relations entre Occident et Orient.
Gabriella Parussa est professeure de linguistique et de philologie à Sorbonne Université. En tant qu’historienne de la langue, elle a travaillé sur l’orthographe et sur la représentation de l’oral à l’écrit. Ses recherches portent notamment sur le moyen français, Christine de Pizan et le théâtre médiéval.
Table des matières :
Une femme monte en chaire : enseigner avec des mots et des images – Christine de Pizan au milieu des clercs – Éduquer les jeunes nobles par les « figures des poètes » – Le premier cycle iconographique complet de l’Epistre Othea – Conception du cycle iconographique – Comment la relation entre texte et image construit le sens – Liste des manuscrits conservés de l’Epistre Othea
Le cycle iconographique – Avertissement au lecteur
Bibliographie Planches
Informations pratiques :
Mark Cruse, Gabriella Parussa, L’iconographie de l’Epistre Othea de Chrisitine de Pizan, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 221 p. (Répertoire Iconographique de la Littérature du Moyen Âge, 10). ISBN : 978-2-503-61150-1. Prix : € 100,00.
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Genre et âge dans les littératures médiévales Gender and Age in Medieval Literatures -15 et 16 octobre 2026 –Maison des Sciences Humaines – Clermont-Ferrand – France
Ce colloque explore l’intersection du genre et des âges de la vie dans les textes médiévaux, au croisement de la littérature, de l’histoire, du droit et de la médecine. Il s’agit d’analyser comment le genre façonne la perception des étapes de l’existence, entre réalités biologiques et constructions sociales (maternité, autorité, fluidité). L’étude interroge également l’influence de l’âge sur la création textuelle : existe-t-il une corrélation entre le temps de la vie et le choix des genres littéraires ? En confrontant les outils modernes des gender et ageing studies aux sources anciennes, la rencontre vise à fonder un socle épistémologique pour comprendre les hiérarchies et les identités médiévales. Cette approche pluridisciplinaire permet de saisir comment le texte littéraire est modelé, dans sa forme comme dans son fond, par ces temporalités enchâssées.
Placé sous l’égide du réseau LIMA·GE, et soutenu par l’Université Clermont-Auvergne, l’Université Sorbonne Nouvelle, le CELIS, le CERAM et l’IHRIM, ce colloque souhaite explorer, dans les textes du Moyen Âge, les rapports entre genre et âge, « systèmes qui interagissent constamment »[1].
Ces deux catégories, souvent naturalisées et essentialisées malgré leur caractère construit et discursif, déterminent, par leur intersection, des trajectoires individuelles et organisent des rapports de pouvoir inter-individuels et collectifs, de façon spécifique selon les contextes spatio-temporels considérés. Envisagée comme un champ d’interaction entre société, discours et représentations, la littérature du Moyen Âge contribue à notre compréhension des phénomènes sociaux dans l’histoire, dans les mentalités et dans la culture. Dans le même temps, les problématiques sociétales sont constituées en objet poétique, esthétique et discursif par la littérature. C’est le domaine de ces interactions, qui relèvent des études de genre, de la sociopoétique et de la littérature, que le colloque prend comme objet.
Les croisements interdisciplinaires, qui sont au fondement des études de genre et de la sociopoétique, se verront allouer une place importante. Seront en particulier sollicités l’histoire, la sociologie historique, la linguistique, le droit et les sciences médicales, en vue de réfléchir à un socle épistémologique des études de genre et d’âge pour les textes médiévaux en général, sans se limiter à la littérature.
Problématiques et axes d’étude
L’intersection des problématiques genre-âge-textes au Moyen Âge nécessite d’envisager trois temporalités enchâssées :celle du (ou des) temps de la vie, elle-même prise dans la temporalité textuelle, elle-même ancrée dans un temps historiquement éloigné du nôtre mais scruté par les outils modernes de la recherche contemporaine (gender studies, ageing studies).
Le croisement entre âge, genre et littérature produit, schématiquement, deux grands groupes d’interrogations, qui, nous l’espérons, se trouveront enrichies par des éclairages permettant de replacer la littérature médiévale dans son contexte historique et intellectuel.
1. Comment le texte médiéval rend-il compte des temps de la vie et y a-t-il une distinction dans cette construction des âges en fonction du genre ?
La question de la conscience de l’âge et de son axiologie, telle que les textes les expriment, les représentent et les construisent, est au cœur de ce premier faisceau problématique. L’âge est-il genré et relève-t-il d’une perception biologique, du corps, de l’esprit, d’une expérience, ou d’une construction sociale, culturelle et littéraire ? Les âges de la femme, de l’homme, sont-ils différenciés, et selon quels critères ? Obéissent-ils à une logique de genre binaire ou à une logique fluide ? (on pense aux personnages déguisés, travestis, métamorphosés, transgenres, eunuques, etc.). La définition des âges au Moyen Âge se fait souvent, pour les femmes, en fonction du mariage et de la maternité, et pour les hommes, selon leur fonction sociale ou leur accession à une position de pouvoir ou d’autorité politique, morale, spirituelle, etc. L’intersection genre / âge produit des hiérarchies et des systèmes de valeur, des discriminations, des systèmes de domination dont on pourra évaluer la portée. On pourra aussi se demander quels autres facteurs ou paramètres peuvent éclairer cette intersectionnalité particulière (origine géographique, milieu social, handicap, maladie, etc.), ou encore si l’on peut mettre en regard l’âge du vivant humain et l’âge du vivant non humain.
2. Réciproquement, qu’est-ce que l’âge revendiqué, représenté, construit, peut produire dans le texte médiéval et quelles poétiques implique-t-il ?
La problématique de l’intersection du genre et de l’âge est susceptible de conditionner, modeler le texte littéraire, ou en tout cas d’ interagir avec lui, dans sa forme, son genre, son contenu. Sont concernées par ce faisceau problématique les questions relatives au genre et à l’âge des auteurs / autrices, des personnages dans les univers de fiction, des personnes réelles ou fictives auxquelles la parole littéraire est adressée.
Quelles sont les interférences entre le texte et l’âge de celles et ceux qui le produisent ? Y a-t-il un âge pour écrire, lire, commenter tel ou tel texte ? Existe-t-il une corrélation entre âge et genre textuel, et y a-t-il des genres de vieux, des genres de vieilles, des genres de jeunes, des genres de textes pour tous les âges ? Jeunesse et vieillesse investissent-t-elles les mêmes genres littéraires ? Infléchissent-elles la lecture des œuvres ? L’âge agit-il sur les modalités de leur réception aujourd’hui ? Fait-il vieillir ou rajeunir le texte ?
Les communications pourront porter sur les questionnements suivants :
Axe 1 : Que disent les œuvres littéraires de l’intersection entre genre et âge et comment la construisent-elles ?
Axe 2 : Quels sont les enjeux sociaux et sociétaux portés par les discours littéraires sur les interactions de genre et d’âge ?
Axe 3 : Comment le texte littéraire est-il modelé par cette problématique intersectionnelle ?
Axe 4 : Quels sont les outils conceptuels et méthodologiques qui permettent de construire un socle épistémologique moderne pour l’étude du genre et de l’âge dans les textes médiévaux ?
Modalités de soumission
Le colloque prendra aussi en compte les propositions consacrées à la Basse Antiquité ainsi qu’au XVIe siècle dans une perspective élargie qui permettra de mieux comprendre les phénomènes sur le temps long. À ce titre, toutes les littératures et tous les types de textualité sont les bienvenus, quelles que soient leurs langues d’écriture. Les projets de communication, d’une longueur de 300 à 400 mots, devront être adressés conjointement, à :
Catherine Croizy-Naquet (Université Sorbonne Nouvelle) Sarah Delale (Université Paris VIII – Vincennes-Saint-Denis) Rose Delestre (Universités de Genève et Rennes 2)
Patrick Del Duca (Université Clermont Auvergne) Valentine Eugène (Université Paris Cité) Yasmina Foehr-Janssens (Université de Genève)
Anne-Isabelle François (Sorbonne Nouvelle – GIS Institut du Genre) Laurence Harf (Sorbonne Nouvelle)
Nathalie Koble (ENS – PSL)
Françoise Laurent (Université Clermont Auvergne) Didier Lett (Université Paris Cité)
Laurence Moulinier (Nanterre Université) Anne Paupert (Université Paris Cité)
Schoenberg Institute for Manuscript Studies Friday 17 April 2026
Most printed and electronic documents, like this one, show text organized along invisible horizontal and vertical lines. In medieval Europe, where the primary text technology was the manuscript, lines formed visible grids on the parchment or paper surface. Scholars have examined the resulting patterns and analysed their role in the layout of the written text. While manuscript images were frequently executed on the same ruled surfaces as the written text, their relationship to the ruling has rarely been the subject of research. Hanna Vorholt’s forthcoming book Grid as Ground provides the first sustained analysis of this topic across the wide range of image types encountered in manuscripts, from tables, maps, and diagrams, to figural imagery across different domains of learning. The lecture introduces the project and some of the opportunities this analysis presents for humanities research on lines and grids as tools for cognition, creativity, and control.
Hanna Vorholt is Senior Lecturer in Art History at the University of York. She was previously employed at the Fitzwilliam Museum and the British Library and received fellowships from the Warburg Institute, Cambridge University Library, the British Academy and the Leverhulme Trust. Her publications include Shaping Knowledge: The Transmission of the Liber Floridus (2017) and, as co-editor, Imagining Jerusalem in the Medieval West (2012), Visual Constructs of Jerusalem (2014) and Between Jerusalem and Europe (2015). Her forthcoming book Grid as Ground is under agreement with Harvey Miller Publishers.
Esprit brillant, rénovateur de la science historique, fervent républicain d’origine juive alsacienne, athée et patriote, combattant des deux guerres mondiales, résistant, Marc Bloch est une figure majeure de l’intellectuel engagé, jusqu’au sacrifice de sa vie puisqu’il est brutalement assassiné par les nazis en 1944.
Son entrée au Panthéon, le 23 juin 2026, offre l’occasion de montrer l’inextricable alliance savante, politique et morale qu’incarnent son parcours, ses travaux historiques et sa vie posthume. Car l’histoire, en tant que méthode, matière à réflexion personnelle et source d’engagement collectif, fut pour lui, sa vie durant, une forme de résistance.
Son héritage qu’analyse la génération actuelle des historiennes et historiens, et auquel elle rend hommage dans cet ouvrage collectif, nous rappelle plus largement que l’exigence de la vérité et le partage du savoir sont des combats essentiels et d’une impérieuse actualité.
Florian Mazel est professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié au Seuil L’Évêque et le Territoire (2016) et dirigé la Nouvelle Histoire du Moyen Âge (2021, « Points Histoire », 2024-2025).
Yann Potin est conservateur en chef aux Archives nationales et maître de conférences associé en histoire du droit à l’université Paris-Nord. Il a notamment codirigé avec Jean-François Sirinelli, Générations historiennes (XIXe-XXe siècles) (CNRS Éditions 2019).
Informations pratiques :
Marc Bloch. L’histoire en résistance, éd. Florian Mazel, Yann Potin, Paris, Seuil, 2026 ; 1 vol., 600 p. (L’Univers historique). ISBN : 978-2-02154-635-4. Prix : € 27,90.
The Queen’s College seeks to appoint a six-hour Stipendiary Lecturer in Early Medieval History for twelve months from 1st September 2026 to provide teaching during a College Fellow’s period of sabbatical leave. The successful candidate will be responsible for providing six weighted hours (about which more can be found in the further particulars) of undergraduate tuition in Medieval History at The Queen’s College and at Pembroke College per week averaged over the course of three eight-week terms.
The successful candidate will be expected to be willing to teach the following papers:
History of the British Isles 1: c.300-1100 (both first- and second-year versions of the paper)
European and World History 1: 370-900 (The Transformation of the Ancient World)
At least one and preferably two of the FHS European and World History papers: The World of Late Antiquity, 250-650; The Early Medieval World, 600-1000; The Central Middle Ages, 900-1300; The Global Middle Ages, 500-1500
Disciplines of History (co-taught with colleagues)
Approaches to History (at least one of the seven available ‘approaches’)
The postholder will receive a salary on a scale of £17,433 to £19,197 per annum, depending on experience. They will be entitled to lunch and dine in College free of charge six times per week during Weeks 0-9 (not including weekends and with other limited exceptions). The lecturer can also apply for an allowance for teaching materials of up to £1,217 per annum. Full details of benefits and allowances may be found in the Further Particulars.
Place of Work: Main College site in central Oxford.
Closing Date: 11:59pm (EDT) Monday 13th April 2026
Interviews are expected to be held on Tuesday 28th April 2026.
The Kislak Center for Special Collections, Rare Books and Manuscripts at the University of Pennsylvania Libraries is happy to announce the Elizabeth A. R. Brown Medieval Historians Archive.
Historian Elizabeth A.R. Brown (“Peggy”), who died in August 2024 at age 92, honored the Penn Libraries with a bequest to establish an archive for the professional papers of medieval historians and endowed an archivist position to develop and manage it.
Launched in 2025, the Elizabeth A. R. Brown Medieval Historians Archive is now collecting the papers of prominent medievalists and making these collections available for in-person research through the Penn Libraries’ Kislak Center in Philadelphia, PA.
The archive’s website provides links to the finding aids for all processed collections along with information about the types of material collected.
To discuss possible donations to the Medieval Historians Archive, please contact the Elizabeth A. R. Brown Archivist, Meg Phillips, at phillip7@upenn.edu.
The recent Mandarin Chinese translation of The Canterbury Tales (Linking Publishing, 2025) by Dr. Francis K. H. So offers a timely opportunity to reflect on the growing presence, vitality, and diversity of Chaucerian studies outside the Anglophone world. This significant contribution not only opens new avenues for engaging with Geoffrey Chaucer’s language and narrative art, but also foregrounds the crucial role of translation, pedagogy, and local scholarly traditions in shaping how Chaucer is read, interpreted, and taught across different linguistic and cultural contexts.
Aligned with the New Chaucer Society’s (NCS) ongoing initiative “In Sondry Ages and Sondry Londes” (curated by Dr. Jonathan Fruoco), this international conference seeks to advance a more globally grounded Chaucerian studies, one that situates the significance of Chaucer beyond the Anglophone world by foregrounding translation, adaptations, multilingual readerships, pedagogical practices, and crosscultural intellectual exchange. By bringing together scholars working across diverse linguistic regions and by creating a venue for established scholars, early-career researchers, and graduate students, the conference aims to foster sustained conversations about Chaucer’s afterlives and to strengthen transnational scholarly networks shaped by translation, adaptation, and comparative inquiry.
The keynote speakers are Dr. Candace Barrington, Professor of English at Central Connecticut State University and President of the New Chaucer Society, whose work focuses on Chaucer and medieval English literature, especially global reception, translation, and adaptation, and Dr. Francis K. H. So, Professor Emeritus at National Sun Yat-sen University, whose scholarship centers on Chaucer, medieval and Renaissance English literature, East–West comparative studies, and the translation and global circulation of premodern texts.
We invite proposals that explore any aspect of Chaucer’s works, their translations and adaptations, as well as their critical or creative receptions outside the Anglophone world, or in comparative and transregional contexts. Possible topics include (but are not limited to):
Translation, Adaptation, and Literary Mediation
New approaches to, or challenges in, translating Chaucer into nonAnglophone languages Histories of major translations and translators, and the role of translation in shaping local understandings of Chaucer Considerations of the role publishers (both university and commercial presses) supporting and promoting editions of Chaucer outside the Anglophone sphere Theoretical reflections on translation, vernacularity, and Middle English in multilingual or cross-cultural contexts Chaucer-inspired works in contemporary literature, media, or visual culture
Reception, Pedagogy, and Intellectual Histories
Histories of Chaucerian scholarship in non-Anglophone academic traditions Pedagogical practices and challenges in teaching Chaucer in multilingual or non-Anglophone classrooms Chaucer in textbook cultures, anthologies, curricula, and the formation of literary canons, particularly the “World Literature” category
Chaucer in Global and Comparative Perspectives
Critical innovations on Chaucer’s oeuvre (The Canterbury Tales, Troilus and Criseyde, the dream visions, Chaucer’s translations of Latin and French texts, and shorter poems), through lenses such as gender, race, affect, ecology, embodiment, or disability
Manuscript studies, material culture, digital humanities, or archival research, particularly Middle English manuscripts housed in Asia and the global South.
Chaucer, colonialism, and postcolonial reception histories in non-Anglophone contexts Submission guidelines
Please submit a proposal (250 words in English) along with a brief bio of 100 words to readingchaucer@gmail.com by June 30, 2026. In addition to individual paper proposals, the conference welcomes panel proposals consisting of three to four papers organized around a shared theme. Panel submissions should include a panel abstract (300 words) outlining the panel’s coherence and relevance to the conference theme, along with individual paper abstracts (250 words each) and a brief 100-word bio for each participant. We particularly welcome submissions from graduate students and early-career scholars, and we hope this gathering will reinforce and expand long-term networks of Chaucerian research beyond the Anglophone world.
There is no registration fee for the conference. For updated information, please visit the conference website. Sponsors
This event is co-sponsored by the New Chaucer Society (NCS), the Taiwan Association of Classical, Medieval, and Renaissance Studies (TACMRS), University Paris Nanterre (CREA), and the National Science and Technology Council (NSTC), Taiwan.
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Depuis plus d’un siècle, une vaste historiographie consacrée à l’abbaye de Cluny a profondément renouvelé la compréhension des projets de réforme de l’établissement, des liens entretenus avec les pouvoirs séculiers et l’Église ainsi que des modalités d’affirmation d’une ecclésiologie spécifiquement clunisienne. Bien qu’abondante, cette production scientifique reste cependant largement fondée sur des sources textuelles. Au sein de cet ensemble foisonnant, quelques études ont mis en lumière le rôle des images comme témoins privilégiés de l’ecclésiologie des moines de la communauté, mais elles demeurent néanmoins minoritaires et limitées à des études de cas. D’abord, les fresques de la chapelle des moines de Berzé‑la‑Ville – édifice particulièrement cher à Hugues de Semur et dont le décor a probablement été exécuté à la demande de ce dernier – ont donné lieu à des travaux majeurs menés par Daniel Russo et Éric Palazzo. Les manuscrits enluminés ont ensuite fait l’objet de quelques études, notamment le célèbre « Ildefonse de Parme », tandis que la sculpture monumentale a été au cœur de recherches plus récentes, en particulier de Neil Stratford, Sébastien Biay et Arnaud Montoux, consacrées aux chapiteaux du rond‑point de l’abbatiale de Cluny III. Cet ensemble de travaux démontre la pertinence d’analyser les sources iconographiques produites à Cluny et invite à aborder le thème plus largement, en y incluant les productions de l’Ecclesia cluniacensis dans leur globalité.
Si, à partir de la fin du XIe siècle, l’Ecclesia cluniacensis est décrite comme un corps autonome, organisé en un réseau hiérarchisé d’établissements aux statuts divers – abbayes, prieurés, celles – placés sous l’autorité du monastère principal (capitale monasterium) qui en constitue la tête, cette représentation se heurte à une réalité plus mouvante. La souplesse du réseau et le rattachement parfois provisoire de certains de ses membres questionne en effet la nature des premiers rapports entre le centre et certains établissements. L’étude du réseau (cluniacensische Klosterverband), dont les processus de formation et d’organisation ont été éclairés de manière décisive par l’historiographie allemande, en particulier par les travaux de Dietrich Poeck, a révélé, grâce aux apports de l’archéologie et de l’archéologie du bâti, l’existence d’échanges et d’emprunts architecturaux entre Cluny et certaines de ses dépendances. Par exemple, certaines particularités architecturales de l’abbaye (comme la présence d’une chapelle dédiée à la Vierge, celle d’un grand édifice à l’est du cloître ou encore d’une galilée) sont identifiables dans la disposition d’autres sites tels que Romainmôtier, La Charité‑sur-Loire, Marcigny, Paray‑le‑Monial ou encore Saint‑Pancrace de Lewes pour l’Angleterre. S’inscrivant dans cette même ligne de réflexion, quelques études pionnières, dédiées à l’analyse de la production iconographique des sites clunisiens, ont constaté ce même phénomène de transferts et d’emprunts entre les membres de l’Ecclesia cluniacensis, ce qui a alimenté des questionnements parallèles sur la pertinence
des notions d’« art » ou d’ « école clunisienne». La fécondité de ces résultats invite ainsi à poursuivre et à élargir l’enquête à l’échelle de l’ensemble du réseau clunisien, puisque ce dernier n’a été exploré que pour un nombre restreint de sites, pour la plupart déjà connus et documentés (tels que Moissac, Vézelay, La Charité‑sur‑Loire). Ce réseau étant particulièrement étendu, de nombreux autres établissements appellent en effet une analyse approfondie, qu’il s’agisse d’examiner des aspects inexplorés de leur production ou de s’inscrire dans la continuité des travaux existants, en proposant une lecture renouvelée.
Ce colloque entend donc mener une réflexion d’ensemble sur la place de l’image au sein de l’Ecclesia cluniacensis. Dans cette perspective, nous proposons d’interroger les relations entre Cluny et ses dépendances à travers l’étude du discours par l’image. Il s’agira de montrer comment celle-ci participe à l’élaboration de l’ecclésiologie clunisienne, puis à sa diffusion au‑delà de l’abbaye bourguignonne.L’objectif est de mettre en lumière la circulation des idées, leurs reprises et adaptations ainsi que la cohérence ou divergence des discours iconographiques au sein de l’Ecclesia cluniacensis.
Dans le cadre d’une approche interdisciplinaire novatrice, qui aborde l’histoire de Cluny par le prisme de l’image et la compare à la production de son réseau, nous entendons convier des historiens et historiens de l’art, français comme internationaux, afin de donner vie à une manifestation scientifique autour de l’image clunisienne dans son acceptation la plus large. L’étude portera sur une diversité de supports – chapiteaux, portails sculptés, peintures murales, enluminures, monnaies, mosaïques – inscrits dans un ample cadre chronologique, du Xe au XIVe siècle et dans un vaste espace géographique, englobant Cluny et l’ensemble de son aire d’influence, de l’Allemagne à l’Angleterre, de l’Espagne à l’Italie et à la Suisse actuelles.
Axe 1 / Thèmes : la construction de l’ecclésiologie clunisienne par l’image
Ce premier axe propose d’explorer l’élaboration d’un discours ecclésiologique clunisien à travers l’analyse des thèmes iconographiques adoptés par les moines de Cluny.
De quelle manière la production iconographique – manuscrits enluminés, chapiteaux et tympans sculptés, peintures murales – traduit-elle l’autoreprésentation de la communauté ? Quelles figures, quels thèmes, quelles idées les moines mobilisent-ils pour construire leur vision du monde et de la société chrétienne ? Comment les décors du grand tympan et les peintures du cul‑de-four de l’abside de Cluny III, reconstitués à partir des documents graphiques et descriptions du XVIIIᵉ siècle, pourraient‑ils apporter un éclairage nouveau sur l’autoreprésentation de la communauté ? En quoi l’analyse des pièces de monnaies issues du trésor récemment découvert peut-elle révéler des aspects inédits de l’autoreprésentation des clunisiens, tout en venant enrichir les conclusions déjà établies à partir des textes ?
Axe 2 / Circulation des modèles iconographiques et sentiment d’appartenance à l’Ecclesia cluniacensis
Circulation et échanges des thèmes iconographiques entre Cluny et son réseau
Afin d’appréhender les rapports et les échanges entre la maison bourguignonne et son réseau, le second axe questionnera la circulation et l’appropriation des thèmes au sein de l’Ecclesiacluniacensis. Quelles thématiques et quelles figures caractéristiques du capitale monasterium peut‑on observer dans la production iconographique des membres du réseau clunisien ? En quoi et comment ces emprunts participent-ils à l’élaboration d’un sentiment d’appartenance ? Sous quelles formes ce même sentiment peut-il s’exprimer ?
Circulation des hommes et des techniques, des matériaux et des objets
L’étude des emprunts entre Cluny et les dépendances de son réseau soulève par ailleurs la question de la circulation des techniques, mais également des matériaux et des objets, au sein de l’Ecclesiacluniacensis.
Dans quelle mesure la comparaison de la production iconographique de différents sites met‑elle en lumière certaines affinités stylistiques ? Peut-on considérer que ces dernières suffisent à démontrer l’existence et le fonctionnement d’ateliers itinérants ? Quels procédés et matériaux sont mobilisés, réutilisés, dans la production des dépendances clunisiennes ? Quels objets peuvent faire l’objet de transfert, à quelle fin ?
Axe 3 / Rupture et opposition au sein de l’Ecclesia cluniacensis : perception de l’image
Ce troisième axe propose d’explorer la pratique de l’image en tant qu’instrument critique, marqueur d’une rupture au sein de l’unité apparente du réseau. Dans quelle mesure l’image peut-elle constituer un support pour exprimer un positionnement hostile, un rejet, ou encore une rivalité, formulés par certains sites à l’égard de Cluny ? L’éloignement géographique – ou l’absence de liens directs – avec la maison bourguignonne affecte-t-il le sentiment d’appartenance des dépendances du réseau ? Si oui, comment et par quels moyens l’iconographie devient-elle un vecteur de cette identité revendiquée ou rejetée ? Par ailleurs, dans le contexte d’une rivalité croissante avec les cisterciens, la production iconographique clunisienne pourrait-elle constituer un lieu d’expression de leur concurrence ?
Modalités pratiques
Date et lieu [sous réserve de confirmation] : 7-9 avril 2027 ; Cluny
Organisateurs : Fédération Européenne des Sites Clunisiens
Publié dansAppel à contributions|Commentaires fermés sur Appel à contribution – L’image à Cluny et dans les sites clunisiens (Xe – XIVe siècle). Circulation, échanges et évolution des discours iconographiques au sein de l’Ecclesia cluniacensis
L’objet du colloque concerne l’étude des moyens, méthodes et lieux de captivité des animaux aquatiques, et les interactions entre les espèces captives et les humains. Même s’il sera question bien évidemment de la gestion des viviers, le colloque n’a pas pour problématique principale l’alimentation humaine. Il s’agit ici d’envisager la captivité des animaux aquatiques de façon plus globale, en s’intéressant notamment à leurs conditions de vie.
L’historiographie s’est intéressée à l’aquaculture et aux viviers principalement à travers l’alimentation et la pêche, notamment pour le Moyen Âge. L’histoire des ménageries – encore assez peu étudiée et encore mal connue pour la période médiévale – a surtout privilégié l’étude de la captivité des grands quadrupèdes exotiques. Elle s’est beaucoup moins intéressée à la faune aviaire, mis à part les rapaces utilisés en fauconnerie. La captivité des animaux aquatiques n’a, quant à elle, pratiquement pas été étudiée dans le cadre des jardins et parcs animaliers d’apparat pour la période pré-moderne ; de même les conditions de l’élevage des poissons a peu intéressé les historiens des viviers – comme si l’on considérait que les animaux aquatiques, et surtout les poissons, ne faisaient pas réellement partie de la « ménagerie » ou plus largement de l’ensemble des animaux gardés dans l’entourage d’un prince, ou dans l’enceinte du château – pas plus que leur éventuel rôle dans ce cadre, au-delà de leur statut de réserve alimentaire.
Programme :
Vendredi 5 juin
Matin : Histoire médiévale, textes et images
8h45-9h00 : accueil
9h00-9h45 : Cécile Rochelois (ALTER, Université de Pau et pays de l’Adour), « Translater les piscines en français dans les années 1370 ».
9h45-10h30 : Christophe Cloquier (Bibliothèque centrale du service de santé des armées, chercheur associé au LAMOP) : « Garder les poissons dulçaquicoles en vie dans des huches : une possibilité autre que les viviers dans le bassin de la Somme du XIIIe au XVIe siècle ».
10h30-11h00 : Pause
11h00-11h45 : Danièle Alexandre-Bidon (CRAHAM), « Heureux comme un poisson dans l’eau. Étangs aménagés et viviers dans l’enluminure, la gravure et la peinture du XIIe au XVIe siècle ».
12h00-13h30 : repas
Après-midi
D’Orient en Occident
13h30-14h15 : Nicolas Payen (UMR 8169, Sorbonne Université), « La pisciculture dans l’Orient musulman médiéval à travers la jurisprudence ».
14h15-15h00 : Jiri Jakl (Institute of Southeast Asian Studies, Kyoto and the Palacky University, Czech Republic), « Royal aquaria and sacred ponds in Buddhist and Shaiva temples in premodern Java and Cambodia (before 1500 CE) »
15h00-15h45 : Thierry Buquet (CRAHAM), « Quelle place pour les viviers et les animaux aquatiques dans les “ménageries” médiévales ? »
15h45 : mot de conclusion
16h : fin du colloque
Illustration : Avignon, Palais des papes, Chambre du Cerf (fresque, XIVe s.)
Informations pratiques :
04 juin 2026 · 13h30 – 05 juin 2026 · 16h00
Organisateur :
Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales (CRAHAM, UMR 6273)
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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