Colloque – Les habitants en assemblées. Europe médiévale et moderne

Ce colloque international a pour but d’explorer la place des assemblées d’habitants à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne. À l’écart, en collaboration ou en opposition avec les gouvernements communaux, les assemblées d’habitants ont parfois été définies comme des lieux d’une “démocratie médiévale” en réunissant les chefs de famille d’un même lieu. Cette question permet d’aborder la question du rôle des assemblées au Moyen Âge (d’habitants, mais aussi de métiers, de quartiers ou de paroisses) et de la participation politique. Après une première rencontre à Nice qui a eu lieu en juin 2025, ce colloque entend procéder à un bilan historiographique sur la question et approfondir les thèmes des modèles, des normes et des discours sur ces assemblées, permettant ainsi de renouveler notre compréhension des interactions entre gouvernement local et participation citoyenne, à travers une perspective comparative entre plusieurs espaces européens.

Mercredi 21 octobre

9h45 : Accueil par Cécile Coulangeon (Institut catholique de Paris, UR « Religion, Culture et Société »)

10h : Introduction par Cléo Rager (Institut Catholique de Paris, UR « Religion, culture et société »), Marie-Emeline Sterlin Cathébras (LAMOP) et Florie Varitille (Université Côte d’Azur, CEPAM).

Session 1. Une matrice ecclésiale des assemblées d’habitants ?

Modérateur : Dominique Iogna-Prat (EHESS, Césor)

  • 10h30-10h55 : Rosa Maria Dessì (Université Côte d’Azur, CEPAM) et Michel Lauwers (Université Côte d’Azur, CEPAM), « Ecclesia et assemblées d’habitants : une dynamique sociale (VIIe-XIIe siècle) »
  • 11h-11h25 : Alexis Fontbonne (FNRS/Université de Namur), « Quod caritas qua diligimus Deum et proximum est Spiritus sanctus : la légitimité des assemblées dans un cadre ecclésial »
  • 11h30-11h55 : Florentin Briffaz (Université de Turin – ERC DEMALPS) « Les assemblées d’habitants et l’environnement ecclésial. Pour une étude des lieux et pratiques des communautés d’entre Saône et Mont-Blanc aux XIVe-XVe siècles »

12h-12h30 : Discussion

12h30-14h : Déjeuner

Session 2. Les assemblées d’habitants : historiographies nationales

Modérateur : Pierre Chastang (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, ISP (Paris-Saclay))

  • 14h-14h25 : Christopher Fletcher (CNRS/Université de Lille, HARTIS), « Les assemblées d’habitants en tant qu’obligation profitable : grandes villes, petites villes et villages en Angleterre, XIIe-XVe siècles »
  • 14h30-14h55 : Hipólito Rafael Oliva Herrer (Université de Séville), « Assemblées, révoltes et conflits dans le royaume de Castille à la fin du Moyen Âge »
  • 15h-15h25 : Lorenzo Tanzini (Université de Cagliari), « Entre tradition communale et histoire sociale : les assemblées d’habitants dans l’historiographie italienne »

15h25-15h35 : Discussion

Pause (15 min)

  • 15h50-16h15 : Olivier Richard (Université de Fribourg)? « Entre conjuratio reiterata et hommage : les assemblées d’habitants au Moyen Âge dans l’historiographie allemande »
  • 16h20-16h45 : Cléo Rager (Institut Catholique de Paris, UR « Religion, culture et société »), « Les assemblées d’habitants dans l’historiographie française, enjeux interprétatifs »

16h45-17h30 : Discussion

Jeudi 22 octobre

Session 3. Normes et discours des assemblées d’habitants

Modérateur : Albert Rigaudière (Université Panthéon-Assas)

  • 9h-9h25 : Carole Mabboux (Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, MéMO), « Entre concio et consilium : penser la réunion collective au XIIIe siècle à partir du Liber consolationis et consilii d’Albertano de Brescia (1246) »
  • 9h30-9h55 : Eric Tuncq (Université de Toulon, CDPC-DICE), « Transactions et contentieux à Rouen et en Normandie au XVIe siècle : les habitants assemblés, un pouvoir constituant »

9h55-10h05 : Discussion

Pause (15 min)

  • 10h20-10h45 : Aurélien Roulet (Université Sorbonne – Paris-Nord, Pléiade), « Qui parle au nom de la ville ? Assemblées d’habitants et construction de la citoyenneté urbaine à Lyon au XVIe siècle »
  • 10h50-11h15 : Sophie Petitrenaud (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ; DSR (Paris Saclay)), « Les assemblées d’habitants dans la littérature juridique : communautés, délibérations et représentation (Moyen Âge et Temps modernes) »

11h15-11h45 : Discussion

11h45-13h15 : Déjeuner

Session 4 : Les assemblées d’habitants face aux crises

Modératrice: Diane Roussel (Université Gustave-Eiffel, ACP)

  • 13h15-13h40 : Victor Barabino (CRULH), « Vápnabrak : le fracas des armes dans les assemblées du thing en Scandinavie médiévale »
  • 13h45-14h10 : Lucas Fassio (LAMOP, ANR ECOMED), « Les assemblées annuelles d’élection des syndics de Ganges (1271-1404) »

14h10-14h20 : Discussion

Pause (15 min)

  • 14h35-15h : Ramón Santonja Alarcon (Université d’Alicante), « Transplanting the Universitas: Valencian Settlers’ Governance and Community Assemblies in the Kingdom of Granada (1572–1615) »
  • 15h05-15h30 : Nicolas Vidoni (Université Aix-Marseille, TELEMMe), « Assemblées d’habitants et construction de la légitimité politique : Aix et Montpellier aux XVIIe et XVIIIe siècles »

15h30-16h : Discussion

Conclusion

  • 16h-16h30 : Monique Bourin (LAMOP), « Les habitants en assemblées : bilan et questions »

Organisatrices :
• Cléo Rager, Maîtresse de conférences, ICP,
UR « Religion, Culture et Société »
• Marie-Émeline Sterlin-Cathébras, Docteure,
Membre associée au LaMOP (UMR 8589)
• Florie Varitille, Maîtresse de conférences,
Université Nice Côte d’Azur, CEPAM (UMR 7264)

Gratuit sur inscription, en présentiel et distanciel
ICP campus de Paris, salle E14
74 rue de Vaugirard, Paris 6e
Plus d’infos : assemblees.habitants@gmail.com

Mer. 21 oct. 2026 à 09h30
au jeu. 22 oct. 2026 à 16h30

Institut Catholique de Paris, Rue d’Assas, Paris, France

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Colloque – « Senecta ista iuuenilis est, senecta ista uiridis est. Perspectives croisées entre jeunesse et vieillesse dans les sources de langues grecque et latine

Les 22 et 23 octobre 2026, nous aurons le plaisir d’accueillir le colloque intitulé : « Senecta ista iuuenilis est, senecta ista uiridis est. Perspectives croisées entre jeunesse et vieillesse dans les sources de langues grecque et latine ».

Cette rencontre interdisciplinaire sera consacrée à la réception et à la représentation de la jeunesse et de la vieillesse, ainsi qu’aux interactions entre ces deux groupes d’âge dans les sources de langues grecque et latine. Nous aurons la chance de recevoir, comme conférenciers d’honneur, Christian Laes (professeur d’histoire ancienne à l’Université de Manchester et professeur invité à l’Université d’Helsinki pour l’année académique 2026-2027), Sophie Laribi Glaudel (docteure en histoire grecque et chargée de cours à l’Université de Lorraine) et Renato de Filippis (professeur associé d’histoire de la philosophie médiévale et d’histoire de la philosophie moderne à l’Université de Salerne).

Le colloque se tiendra à l’Université de Liège, sur le site du XX-Août, le 22 octobre en Salle des Professeurs et le 23 octobre dans l’Amphithéâtre G. Kurth.

Une page Agenda dédiée reprenant la présentation de l’événement, le programme ainsi que les informations pratiques est consultable à l’adresse : https://www.mondesanciens.uliege.be/cms/c_12887304/fr/senecta-ista-iuuenilis-est-senecta-ista-uiridis-est

L’entrée est libre, mais l’inscription souhaitée ; merci de vous manifester auprès de Marc-Antoine Hubert : mahubert@uliege.be, avec [Senecta] dans l’objet de votre mail.

Pour ceux qui désireraient assister au colloque mais ne peuvent faire le déplacement, merci d’envoyer une demande pour obtenir le lien de visioconférence à Mme Arianna Rosa : arianna.rosa@uliege.be, avec [Senecta] dans l’objet de votre mail.

N’hésitez pas à diffuser la présente annonce !

Au plaisir de vous y voir nombreux,

Le comité d’organisation

Pr Pierre Assenmaker (UNamur, professeur – pierre.assenmaker@unamur.be)
Pr Dominique Longrée (ULiège-UCLouvain, professeur ordinaire – dominique.longree@uliege.be)
Pr Nicolas Meunier (UCLouvain, professeur – nicolas.meunier@uclouvain.be)
Marc-Antoine Hubert (ULiège, doctorant – mahubert@uliege.be)
Arianna Rosa (ULiège, aspirante FRS-F.N.R.S. – arianna.rosa@uliege.be)
Hugo Simons (ULiège, assistant – hugo.simons@uliege.be)
Valérie Thon (ULiège-Université Paris Cité, aspirante FRS-F.N.R.S. – valerie.thon@uliege.be)

Le comité scientifique

Dre Sarah Fascione (ULiège, chargée de cours – sara.fascione@uliege.be)
Pr Bruno Rochette (ULiège, professeur ordinaire – bruno.rochette@uliege.be)
Dr Koen Vanhaegendoren (ULiège, chargé de cours – koen.vanhaegendoren@uliege.be)

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Appel à contribution – X Congreso Internacional de la Asociación Convivio para el estudio de los cancioneros y la poesía de cancionero

Girona, 21-23 abril 2027

A este congreso se pueden presentar comunicaciones tanto individuales como compartidas. Los interesados deberán presentar, a través del formulario de esta página (véase más adelante) un abstract de un máximo de 1.000 palabras, bibliografía incluida. El plazo para presentar propuestas de comunicación finaliza el día 8 de noviembre.


La duración prevista para las comunicaciones es de 20 minutos [orientativamente unas 2.200 palabras], con 10 minutos adicionales para el debate. Se podrá tratar cualquier tema relacionado con los cancioneros o con la poesía de cancionero. En este congreso queremos abordar también algunas líneas temáticas específicas:

– Filología material y problemas ecdóticos
– Géneros y formas en contacto
– Métrica
– Intertextualidad y pervivencias
– Aplicaciones digitales para el estudio de los cancioneros y la poesía

También se ofrece la posibilidad de organizar sesiones temáticas con un mínimo de tres comunicaciones. Las proposiciones en este sentido se deberán enviar antes del 25 de octubre al correo electrónico del convivio2027@udg.edu.

Para participar con una comunicación en este congreso no es necesario ser ya miembro de la Asociación: el mero hecho de presentar una comunicación y pagar la cuota de inscripción correspondiente ya otorga la condición de asociado.

El Comité Organizador, asesorado por un comité de expertos, revisará anónimamente las propuestas recibidas e informará de los resultados a los interesados por correo electrónico.
Para más informaciones: https://esdeveniments.udg.edu/158919/detail/x-congres-internacional-de-lassociacio-convivio.html.

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Colloque – Cities in medieval Flanders. Conference on the Origins and Growth of Cities in the County of Flanders between the 10th and 13th Centuries

The medieval County of Flanders constituted one of the most highly urbanized regions in Europe, characterized by a network of large, medium-sized, and small cities. Although the origins and development of these urban centres have been a subject of scholarly debate since the nineteenth century. Research received a renewed impetus in the 1990s with the emergence of medieval urban archaeology as a distinct discipline. By integrating archaeological and historical data, researchers formulated new hypotheses regarding urbanization and early city development, which resulted in The Rise of Cities in North-West Europe (1999) by Adriaan Verhulst. Since then, a substantial increase in archaeological data and advancements in understanding urbanization processes have generated new opportunities to re-evaluate prior interpretations.

But often, these contemporary data and insights frequently remain confined to local contexts. The objective of this conference is to provide an updated overview of urban development in the High and Late Middle Ages within the County of Flanders through a series of case studies focusing on individual cities, and to reflect upon the commonalities and divergences among these studies. By synthesizing recent archaeological and historical research findings, we aim to establish new perspectives on the Flemish urban network.

Programme : ici

Informations pratiques :

15 october 2026 – 16 october 2026

Fees Single day: 30 euros
Two days: 55 euros

Organizing Committee: Prof. dr. Wim De Clercq (Ghent University), Lennert Lapeere (Ghent University), Jan Decorte (CO7) en dr. Hannelore Franck (Yper Museum)

Online registration opens on this page July 15. The registration period concludes on October 10 2026.

Source : Yper Museum

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Appel à contribution – Biens communaux en ville au Moyen Âge et à l’époque moderne

L’institut für vergleichende Städtegeschichte (IStG, Institut d’histoire urbaine comparée), affilié à l’Université de Münster, est un centre de recherche interdisciplinaire à vocation internationale qui étudie la ville européenne comme espace historique d’ordre, de transformation et de conflit. L’IStG organise tous les deux ans des colloques de recherche, appelés colloques de printemps, qui se consacrent à des problèmes actuels de l’histoire urbaine comparée. Le prochain colloque de printemps se tiendra les 27 et 28 mars 2028 et aura pour thème « Städtische Gemeingüter »/Urban Commons » (« biens communaux en ville »). Il est organisé par Olivier Richard (Université de Fribourg, Suisse) et Julia A. Schmidt-Funke (Université de Leipzig). Il met l’accent sur le Moyen Âge et l’époque moderne.

Le colloque part du constat qu’au contraire des communs ruraux (rural commons), qui ont été étudiés de façon comparée à l’échelle de l’Europe dès le début des années 2000[1], les communs ou bien communaux situés en ville n’ont été l’objet que de peu d’attention. La recherche sur les communs, qui trouve encore aujourd’hui son point de fuite dans la prétendue tragédie des biens communaux – ou dans les travaux d’Elinor Ostrom qui la réfutent[2] – semble être fermement accaparée par l’histoire agraire[3]. Pourtant, ce thème présente justement pour les villes une forte actualité, comme en témoigne l’intérêt que lui consacrent la sociologie urbaine et l’urbanisme à travers les « biens communaux urbains[4] ».

Les recherches sur les biens communaux ruraux ont mis en évidence une grande variété de ressources utilisées de manière collective : en plus des forêts, pâturages ou cours d’eau, également les carrières, glaisières, ponts, carrefours routiers et places, chemins ou fossés, ainsi que des infrastructures communales telles que des fours.

Les arrangements institutionnels étaient déterminants pour l’utilisation collective des ressources : ils délimitaient fondamentalement un cercle d’ayants droit par rapport aux tiers et garantissaient l’exploitation des biens communaux par des règles, des instances et des mécanismes de sanction.

Le phénomène des biens communaux n’était cependant pas circonscrit à l’espace rural. Des biens communaux urbains existaient de la même manière dans des forêts et pâturages devant les murailles de la ville. Mais il s’agissait également de rues ou de places dans l’espace intra muros, ainsi que des cours d’eau et leurs rives. Les biens communaux incluent également des droits d’usage collectifs, comme les droits de pêche et de chasse des bourgeois d’une ville ou les droits d’usage commerciaux de l’espace intra-urbain.

Le colloque se demandera d’abord quels espaces et quels droits, à quelle époque et dans quelles villes, peuvent être considérés comme biens communaux, et quels termes sont utilisés dans les sources pour les désigner. Cet état des lieux sera suivi de questions sur les fonctions et le contexte : il faudra ainsi examiner plus avant dans quelle mesure des arrangements institutionnels existaient dans les villes, et comment ces derniers se distinguent des droits relevant de la municipalité ou des bourgeois. Sous quelle forme et par quels processus ces espaces et ces droits passèrent-ils des mains du seigneur à celle de la communauté des bourgeois ? Quel était le rapport entre les biens communaux et ceux que la ville ou le conseil revendiquaient comme étant leurs droits ou leur propriété ? Quel rôle les biens communaux urbains jouaient-ils dans l’élaboration de la norme politique de la prise en charge des besoins essentiels, et dans quel rapport se situaient-ils par rapport à la norme de l’utilité publique, ou du bonum commune ? Dans quelle mesure la gestion des biens communs urbains se fondit-elle dans l’administration municipale ? Peut-on parler d’une « municipalisation » progressive des biens communs ? Quels processus de privatisation des ressources collectives peut-on observer dans les villes ? Dans quelles conditions les biens communs urbains faisaient-ils l’objet de discussions, et quels conflits en découlaient ?

Le colloque examinera le phénomène des biens communaux urbains dans une perspective comparative à l’échelle de l’Europe. Il mettra l’accent sur les périodes médiévales et moderne, mais un petit nombre de communications qui ouvriraient les perspectives sur les XIXe, XXe et XXIe siècles, pourront être intégrés au programme.

Nous invitons à soumettre des propositions de communications touchant à l’ensemble des questions liées aux biens communaux urbains et issues de toutes les disciplines concernées. Des études de cas sur des villes spécifiques sont tout aussi bienvenues que des contributions comparatives et de synthèse.

Modalités de participation

Les frais de transport et d’hébergement seront pris en charge.

Nous vous prions d’adresser vos propositions sous la forme d’un résumé d’environ 1500 à 3000 signes accompagné d’une courte présentation biographique, en pdf, aux responsables de l’organisation du colloque, Prof. Olivier Richard (olivier.richard@unifr.ch) et Prof. Julia Schmidt-Funke (julia.schmidt-funke@uni-leipzig.de), avant le 30 novembre 2026.

Responsables

  • Prof. Olivier Richard
  • Prof. Julia Schmidt-Funke

Notes

[1] Voir Martina De Moor, Leigh Shaw-Taylor, Paul Warde (dir.), The management of common land in north west Europa, c. 1500-1850 (Comparative Rural History of the Norths Sear Area), Turnhout, 2002 ; Niels Grüne/Jonas Hübner/Gerhard Siegl (dir.), Ländliche Gemeingüter/Rural Commons. Kollektive Ressourcennutzung in der europäischen Agrarwirtschaft/Collective Use of Resources in the European Agrarian Economy (Jahrbuch für Geschichte des ländlichen Raumes 2015), Innsbruck/Wien/Bozen, 2015 ; Pâturages et forêts collectifs. Kollektive Weiden und Wälder, Zürich, 2019.

[2] Garrett Hardin, The Tragedy of the Commons, in: Science 162/3859 (1968), p. 1243–1248, doi:10.1126/science.162.3859.1243 ; Elinor Ostrom, Governing the Commons. The evolution of institutions for collective action. Cambridge University Press, Cambridge/New York/Victoria, 1990 (trad. Française La gouvernance des biens communs : pour une nouvelle approche des ressources naturelles, Paris/Bruxelles, 2010).

[3] Voir par exemple le dossier dirigé par Tim Soens et Maïka De Keyzer sur la résilience des biens communaux dans Continuity and Change 37/1 (2022), p. 1-95.

[4] Voir notamment Mary Dellenbaugh, Markus Kip, Majken Bieniok, Agnes Müller, Martin Schwegmann (dir.), Urban Commons. Moving Beyond State and Market, Basel, 2015.

Source : Calenda

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Appel à contribution – Les publics de l’élection. Communications, participations et autonomie du « public » dans les élections en Europe (XVe-XVIIIe siècles)

Institut historique allemand, Paris, 3-4 juin 2027

Laurent Cuvelier (Université de Tours)
Sébastien Schick (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IHMC, IUF)
Christoph Streb (Institut historique allemand, MLU Halle-Wittenberg)

Appel à contribution complet : ici



La journée d’étude pour laquelle nous sollicitons des contributions portera sur le rôle et la place de différents « publics » lors de processus électifs en Europe, de la fin du Moyen-Âge à la fin de l’époque moderne (XVe-XVIIIe siècle). Il entend ainsi lier deux objets historiographiques particulièrement dynamiques : l’élection comme mode de nomination à une charge publique, et l’espace public appréhendé dans sa dimension médiatique et à travers la question de sa politisation. Alors que l’historiographie récente a insisté sur la fréquence et la diversité des élections à l’époque moderne – des communautés religieuses aux corporations marchandes en passant par les Républiques, la papauté ou encore l’empereur (ou plus précisément le roi des Romains) –, il s’agira d’interroger les différentes fonctions des publics – qu’il soit votant ou non, local ou européen – et les modes de recours qu’on peut en faire. L’approche, résolument comparatiste et menée à l’échelle européenne, doit ainsi permettre de mettre en évidence à partir d’un objet commun et transversal la pluralité des recours aux publics, les modalités de sa politisation, et d’éventuelles évolutions dans sa fonction au cours de l’époque moderne.

Cet atelier de travail se déroulera en français et en anglais. Il aura lieu à Paris, le 3 et 4 juin 2027. Les frais de voyage et d’hébergement des participant.e.s seront pris en charge. Les propositions de contribution d’une page maximum (accompagnées d’une notice bio-bibliographique) doivent être adressées, avant le 1er décembre 2026, à laurent.cuvelier@univ-tours.fr, sebastien.schick@univ-paris1.fr, cstreb@dhi-paris.fr.

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Publication – « Nouveaux regards sur l’avouerie. Les avoués des abbayes et des sièges épiscopaux entre Loire et Rhin (IXe-XIIe siècle) », éd. Nicolas Ruffini-Ronzani, Etienne Renard

En moins de deux décennies, notre compréhension de la société seigneuriale des Xe-XIIe siècles s’est profondément renouvelée et considérablement complexifiée. Transcendant les cadres interprétatifs anciens, l’historiographie récente insiste de plus en plus sur l’étroite imbrication des sphères ecclésiastique et laïque de la société au Moyen Âge central. Dans le champ du politique, le phénomène se traduirait par l’exercice d’une certaine emprise des puissants sur l’institution ecclésiale. Une fonction héritée du haut Moyen Âge, et qui tend à gagner de l’importance dès l’aube du Xe siècle, manifeste clairement cette interpénétration des pouvoirs laïque et ecclésiastique : celle d’avoué. Auxiliaires laïques chargés de défendre les intérêts temporels d’une institution ecclésiastique et de se substituer aux religieux dans l’accomplissement de tâches théoriquement peu compatibles avec l’état clérical – notamment dans les matières judiciaires et militaires –, les avoués ont souvent tiré parti de leur position pour étendre leur autorité au-delà de leur domaine foncier propre. L’avouerie a donc joué un rôle fondamental dans la construction des seigneuries laïques, puis dans celle des principautés territoriales. C’est à l’étude de cette institution en mal d’interprétations nouvelles et défiant les catégorisations modernes que se consacrent les actes de ce colloque tenu à l’Université de Namur en 2016.

Table des matières :

Introduction – Étienne Renard et Nicolas Ruffini-Ronzani

Géographie de l’avouerie monastique au début du XIIe siècle : vers une nouvelle interprétation – Charles West

Partie 1. Avouerie et structures politiques

De l’abbatiat laïque à l’avouerie. Le cas des monastères féminins en Lotharingie (IXe-début XIe siècle) – Steven Vanderputten

L’avouerie : un élément fondamental des politiques territoriales aristocratiques en Lotharingie méridionale (fin IXe-milieu XIe siècle) ? – Tristan Martine

Avoués monastiques et structures de pouvoir en Lotharingie centrale. Représentations, négociations, régulations (XIe-début XIIe siècle) – Michel Margue

Partie 2. Les fonctions militaires et judiciaires des avoués

Avouerie et service militaire en Flandre au XIe siècle – Jean François Nieus

Multi et magnifici viri qui de castello deservire tenentur. Groupes militaires et ascension sociale à Thuin-Lobbes et Logne–Stavelot-Malmédy : sous-avoués (defensores et advocatos) et fiscati–soldarii – Michel de Waha, Nicolas Schroeder et Jérôme Verdoot

Avouerie, justice et pouvoir dans le Regnum Italicum – Giuseppe Albertoni

Partie 3. Les avoués et l’écrit : forgeries et règlements d’avouerie

L’abbaye de Corbie et ses avoués (début XIe-début XIIIe siècle). Éclats et silences d’un chartrier monastique – Laurent Morelle

Monks, Forgers, Advocate. Eleventh and Twelfth Century Monasteries in Conflict – Thomas Kohl

Conclusion

Reconsidérer l’avouerie de l’âge seigneurial et ses enjeux. Éléments de conclusions – Florian Mazel

Nouveaux regards sur l’avouerie. Les avoués des abbayes et des sièges épiscopaux entre Loire et Rhin (IXe-XIIe siècle), éd. Nicolas Ruffini-Ronzani, Étienne Renard, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 247 p. (Bibliothèque de la Revue d’histoire ecclésiastique, 121). ISBN : 978-2-503-57426-4. Prix : € 79,00.

Source : Brepols

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Colloque – In medias res. Les intermédiaires de la domination (France du Nord, îles Britanniques, IXe -XIIIe siècle

Jeudi 3- Vendredi 4 décembre 2026
Amiens, Université de Picardie Jules Verne
dir. : Hugo FRESNEL & Bastien MICHEL (IDEES, Université Le Havre Normandie)

Résumé court : À la suite d’un premier colloque tenu à Cerisy en 2024 sur la domination sociale en Normandie (XIe-XVe siècle), cette nouvelle rencontre vise à analyser comment les intermédiaires humains contribuent au maintien des différentes formes de domination – qu’elles soient seigneuriales, princières, ecclésiastiques ou urbaines. Entre dépendance et autorité déléguée, ils jouent en effet un rôle central dans l’exercice concret du pouvoir, mais aussi dans la production et la légitimation de l’ordre social. Par leurs actions et comportements, ces intermédiaires contribuent ainsi à faire accepter, à modeler ou à imposer cet état de fait auprès des populations.

Adresse : Le Logis du Roy, Passage du Logis du Roi, 80000, Amiens

Programme :

Jeudi 3 décembre 2026

Matin

Accueil des participants

Introduction

Hugo FRESNEL (Université de Picardie Jules Verne)
Bastien MICHEL (Université Le Havre Normandie)

Session 1 — Princes, mer et intermédiaires

10h : Shigeto KIKUCHI (University of Tokyo) – « In medias res on the maritime frontier: missi dominici as intermediaries of domination in northern Neustria during the ninth century ».

10h50 : Pause

11h05 : Max PARADA (Université du Littoral Côte d’Opale & Université de Namur) – « Les hommes du comte de Boulogne : expérimenter les modes de domination entre Flandre maritime et monde anglo-normand (XIIe-XIIIe siècles) ».

11h55 : Laurence JEAN-MARIE (Université de Caen Normandie) – « Gens de mer et autorités des ports du duché Normandie : intermédiaires indispensables de la domination des princes plantagenêts ».

12h45 : Déjeuner

Après-midi

Session 2 — Médiatiser la domination : discours et gestes

14h15 : Emily WINKLER (University of Oxford) – « Words as Deeds: Letters, Intermediaries, and Domination in Historical Thinking ».

15h05 : Arnaud MONTREUIL (Université du Québec, Chicoutimi) – « In media res sunt milites : remises d’armes, adoubements chevaleresque et médiation de la domination dans l’Europe du Nord-Ouest des XIIe et XIIIe siècles ».

16h : Visite de la cathédrale d’Amiens et du quartier Saint-Leu

Vendredi 4 décembre 2026

Matin

Session 3 — Officiers, agents et relais de la domination seigneuriale

9h : Arnaud LESTREMEAU (Université Paris-Nanterre) — « Bergers ou voleurs ? Les reeves domaniaux dans l’Angleterre des Xe-XIe siècles ».

9h50 : Pierre BAUDUIN (Université de Caen Normandie) – « Une hiérarchie intermédiaire ? Les officiers des comtes normands, 1ère moitié du XIe siècle-début XIIIe siècle ».

10h40 : Pause

10h55 : Bastien PAULIN VERDIER (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) – « Le pouvoir des sénéchaux de Porhoët et Rohan : entre dominés et dominants, entre Bretagne et Angleterre (XIIe-XIIIe siècle) ».

11h45 : Ghislain BRUNEL (Archives nationales) – « Qui sont les maires seigneuriaux en France du nord ? Origines sociales, fonctions, pouvoirs d’intermédiation (XIIe-XIIIe siècles) ».

12h35 : Déjeuner

Après-midi

Session 4 — À l’ombre des cloîtres : l’Église et ses intermédiaires

14h : Adrien BAYARD (Université d’Artois) – « Les comtes de Flandre, les moines et les premières sociétés urbaines : analyse des rapports de domination dans le royaume septentrional de la Francie occidentale entre la fin du IXe et le Xe siècle ».

14h50 : Gabrielle VERLYCK (Université de Lille) – « “Propriis servulis vestris” : des abbés flamands au service des archevêques de Cantorbéry à la fin du Xe siècle ? ».

15h40 : Baptiste STALIN (Université Rennes 2) – « Préposés par les frères et l’abbé : les intermédiaires du réseau de dépendances de l’abbaye de Fleury ».

16h30 : Pause

Table-ronde conclusive – 16h45

Alexandre GIUNTA (Sorbonne Université)
Annliese NEF (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Guillaume SAINT-GUILLAIN (Université de Picardie Jules Verne).

Départs

17h30

Publié dans Colloque | Commentaires fermés sur Colloque – In medias res. Les intermédiaires de la domination (France du Nord, îles Britanniques, IXe -XIIIe siècle

Appel à contribution – « Votre bonne sœur et vraie amie ». Les relations des femmes avec leurs adelphes : perspectives européennes (Xe-XVIIIe siècle)

10-11 juin 2027, Université Rennes 2

Dans la conclusion de Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours, Didier Lett insistait sur le fait « qu’on ne peut plus aujourd’hui traiter de l’histoire des frères et sœurs […] sans prendre en compte autant les sœurs que les frères » [dans Boudjaaba et al., 2016]. En témoigne l’emploi grandissant en français du terme « adelphie », synonyme de « sibling » et qui, contrairement à « fratrie », désigne un ensemble de frères et sœurs sans invisibiliser la place des femmes [Cassagnes-Brouquet et Yvernault, 2010 ; Audebrand, 2023]. Le déséquilibre dans la conservation des sources produites par des femmes ou concernant des femmes entraîne cependant une asymétrie genrée des travaux au détriment des sœurs [Bollmann, 2012 ; Atienza López, 2022 ; Grimmer, 2025]. Les sœurs ont en effet une place ambigüe au sein de l’adelphie : leur mariage complexifie leur appartenance familiale en leur donnant une double identification à leur famille de naissance et à celle de leur époux, tandis que l’entrée en religion les éloigne physiquement de leurs adelphes. Cela a des conséquences méthodologiques : disséminées dans plusieurs fonds d’archives associés à leurs pères, leurs frères, leurs maris ou aux ordres religieux auxquels elles appartiennent, les sources qui les concernent impliquent des procédés de dépouillement spécifiques. Ce colloque propose donc de se confronter à ces difficultés documentaires pour étudier les relations adelphiques exclusivement du point de vue des sœurs en Europe, du Xe siècle au XVIIIe siècle, en adoptant une approche interdisciplinaire. L’objectif est ainsi d’examiner leur rôle dans l’entretien des relations et dans les rapports de pouvoir au sein des familles en fonction de leur milieu social, leur statut civil et leur ancrage géographique.

À la fin du haut Moyen Âge, les prémisses de la mise en place de la primogéniture transforment les relations adelphiques en accentuant les conflits entre frères et la hiérarchisation genrée au sein de l’adelphie [Audebrand, 2023]. Du Xe au XIIe siècle, l’apparition lente et heurtée des structures lignagères et la valorisation progressive de la parenté agnatique mènent à une exclusion croissante des sœurs au moment de la succession [Lett, 2000 ; Faini, 2009]. Cette évolution au détriment des sœurs caractérise toute la période étudiée, du Xe au XVIIIe siècle, avec une accélération à partir du XVIIe siècle quand le modèle patrilinéaire, encore en construction aux XVe et XVIe siècles, s’impose [Haddad, 2024]. La deuxième moitié du XVIIIe siècle constitue un moment charnière : si les relations de parenté restent structurantes, elles laissent davantage de place au sentiment et aux réseaux d’affinité [Sabean et al., 2007]. Par ailleurs, la Révolution française enclenche d’importantes transformations dans le droit de la famille dans toute l’Europe.

L’approche comparatiste à l’échelle européenne a vocation à étudier la place des sœurs au sein de leurs familles au regard de la diversité des systèmes de parenté, en réinterrogeant les modèles construits par la démographie historique au cours du XXe siècle, entre une Europe du nord aux pratiques de transmission plutôt égalitaires et une Europe du sud plutôt caractérisée par les systèmes à « maison » [Yver, 1966 ; Delille, 2011]. Par ailleurs, à partir de la fin du XVe siècle, la colonisation du continent américain questionne les éventuelles transformations de ce que signifie « être sœur » en situation coloniale [Gourdon et Ruggiu, 2011].

Axe 1 – Qui est sœur ? Structures et contours de la sororité et de l’adelphité

La période prise en considération invite à questionner les interactions entre les mutations de longue durée des structures de parenté et la conception des relations adelphiques et sororales. Pour ne citer qu’un exemple, le renforcement progressif des tendances lignagères patrilinéaires aux XIe- XIIIe siècles entraîne une exclusion croissante des sœurs de la succession parentale au bénéfice de leurs frères, faisant d’elles des membres de second rang de l’adelphie. Étudier les effets des structures de parenté sur l’adelphie implique de prendre en compte l’ancrage social et géographique des sœurs ainsi que leur statut matrimonial : quelle place les sœurs occupent-elles dans l’adelphie, suivant qu’elles appartiennent à un lignage aristocratique aux multiples ramifications, à une cellule nucléaire artisane émigrée en ville ou à un foyer rural à structure complexe incluant plusieurs couples ? Les sœurs mariées jouissent-elles d’une plus grande considération que les célibataires [Eyméoud et Gaillard, 2023], en particulier suite au renforcement du modèle conjugal dans les classes intermédiaires urbaines au tournant des XIVe et XVe siècles ? Au sein des couples, l’appartenance sociale souvent plus élevée des épouses [Nassiet, 2000] peut permettre une valorisation de leurs adelphies dans l’éducation des enfants.

Ces remarques soulèvent la question des limites et des marges de l’adelphie. Dans des sociétés préindustrielles où veuvage et remariage sont monnaie courante, celles que nous appelons aujourd’hui demi-sœurs sont-elles considérées comme des membres à part entière de l’adelphie, en particulier quand elles sont nées d’un premier lit ? Qu’en est-il des sœurs bâtardes, souvent invisibilisées [Fieyre, 2026] ? Les belles-sœurs peuvent-elles participer d’une « fraternité sans liens du sang » [Chabot, 2020], en particulier dans les familles où s’opèrent des mariages croisés entre deux adelphies ?

Toujours au-delà de ces liens du sang, si la fraternité sert de modèle fondant des formes politiques et associatives (corps de ville, association de métier, confrérie), on y rencontre parfois aussi des « consœurs ». La sororité sert aussi à penser certains modes d’association, souvent sur une base dévotionnelle (ainsi des communautés de moniales, ou du récent projet Sorores sur les religieuses non cloîtrées [Duval et al., 2024]), dont le degré d’influence sur la pensée politique ne doit pas être sous- estimé. En effet, pour les épouses de seigneurs italiens (fin du XIVe-XVe siècle), le vocabulaire de la sororie fictive peut être employé pour s’adresser à une destinataire de la même génération, l’intégrant dans son réseau relationnel et de pouvoir [Lazzarini, 2025].

De tels questionnements sont indissociables d’un travail sur la construction discursive des normes régissant l’appartenance à l’adelphie. Celles-ci incluent la normativité doctrinale, exégétique et juridique, sans s’y limiter : chroniques familiales et dynastiques, généalogies, livres de familles, portraits et représentations iconographiques construisent des représentations idéales et performatives qui délimitent les contours de l’adelphie. Le croisement des sources normatives et de la pratique, ainsi qu’une approche interdisciplinaire, doivent permettre de penser les absences ou les modalités de la présence des sœurs dans ces modèles, qui sont autant de constructions politiques. L’étude des représentations iconographiques, en particulier, pourra donner lieu à des réflexions sur la ressemblance entre adelphes [Borello, 2016], et à la manière dont le genre oriente les représentations.

Axe 2 – Vivre l’adelphité : affects, solidarités et conflits dans les relations des sœurs avec leurs adelphes

« Ni toujours basées sur une collaboration absolue et sans réserve, ni sur un conflit permanent » [Zucca Micheletto, 2016], les relations quotidiennes des sœurs aux autres membres de leur adelphie apparaissent foncièrement ambiguës, s’apparentant plutôt à de la coopétition [Joye et Le Jan, 2018]. Cette tension permanente dans les affects adelphiques et sororaux devra être mise en lumière, sans ignorer ni leur dimension construite et évolutive [Boquet et Nagy, 2015], ni les difficultés voire les impossibilités d’accès à ces affects dans la documentation disponible [Crouzet-Pavan, 2001]. Ces liens d’attachement, d’entraide et de rivalités doivent être testés au prisme de multiples variables : le genre, mais aussi l’âge, le milieu social, le rang de naissance, le statut marital, la présence ou non des parents. Dans quelle mesure la place grandissante que la patrilinéarité confère au frère le plus âgé – qui n’est pas toujours l’aîné de l’adelphie – accroît-elle la conflictualité avec les sœurs ? La naissance du protestantisme dans l’Europe du XVIe siècle introduit-elle des pratiques confessionnelles d’entretien des relations et d’expression des sentiments entre adelphes ? Les sœurs développent-elles un rapport fonctionnel et complémentaire, voire sélectif, à leurs différents adelphes ? Il sera intéressant de comparer ces rapports au sein des adelphies, composées de frères et de sœurs, et des sorories, composées exclusivement de sœurs. Existe-t-il, au sein des adelphies, des formes de sororité, c’est-à- dire d’entraide spécifique entre sœurs [Atienza López, 2022] ? Les liens familiaux de sororité peuvent par ailleurs être redoublés par des liens spirituels, par exemple quand des sœurs biologiques sont religieuses dans un même couvent.

La distance géographique et la part fondatrice qu’elle occupe dans le vécu sororal devront être discutées – que cette distance entre adelphes soit le fruit d’une éducation séparée, d’un mariage ou d’une entrée au monastère. Parfois obstacle à l’entretien de relations, cet éloignement peut aussi faire des sœurs des « opérateurs de pouvoir » [Haddad, 2009] entre leurs frères et leurs époux, et intensifier la nécessité pour les frères d’entretenir les relations avec leurs sœurs : en témoigne la figure de la Schwesterfraw, ou « sister-wife », dans le monde germanique de l’époque moderne [Höfert et al., 2017]. Cette distance soulève également un enjeu documentaire : il est plus difficile pour l’historien·ne de saisir les contours d’une relation caractérisée par le côtoiement quotidien que par l’éloignement, qui implique de devoir s’écrire pour communiquer [Dauphin, 2002]. Cela introduit un évident biais social en faveur des élites maîtrisant l’outil scripturaire, mais aussi un biais chronologique en direction de l’époque moderne, où les correspondances sont mieux conservées à partir du XVIe siècle et ces pratiques d’écriture adoptées par un plus grand nombre de femmes à la fin de la période [Monagle et al., 2023]. Pour contourner cet écueil, tous les types de sources permettant de documenter l’histoire familiale pourront par ailleurs être mobilisés (actes notariés, archives judiciaires, chroniques, sources du for privé…).

Axe 3 – Gouverner par les sœurs : pouvoirs, patrimoines et stratégies adelphiques

Les sœurs membres d’une adelphie régnante (dont au moins l’un·e des membres exerce des fonctions de gouvernement princier, royal ou impérial) obéissent-elles aux mêmes logiques dynastiques que les familles aristocratiques ? Ou, au contraire, les contraintes propres à la souveraineté et à la représentation du pouvoir modifient-elles les usages politiques du lien adelphique ? Qu’il s’agisse de transmissions patrimoniales, de stratégies matrimoniales, de réseaux politiques et diplomatiques, des liens unissant adelphe(s) régnant·e(s) et adelphe(s) entré·e(s) en religion, cette distinction avec le reste des élites n’a rien d’une évidence au XIIe siècle. La question se pose avec de plus en plus d’acuité au fur et à mesure que s’affirment les pouvoirs princiers, monarchiques et étatiques [Nassiet, 2000]. L’importance des solidarités adelphiques y a souvent été mise en avant par le prisme des fratries, où les collaborations et rivalités des frères sont souvent plus perceptibles, à la guerre comme au conseil du prince. Les sœurs participent au renforcement du pouvoir familial via leur participation aux alliances matrimoniales [Poutrin et Schaub, 2007], mais aussi en s’investissant directement pour la défense de leur lignage : des recherches récentes sur les guerres de Religion [Grimmer, 2025 ; Pascucci, 2022] ou la Fronde [Vergnes, 2013] ont mis en avant le rôle actif des sœurs des nobles et princes engagés dans les guerres civiles, capables de revendiquer une action politique et de se mobiliser en faveur, ou à l’encontre, de leurs adelphes. Certaines sœurs obtiennent aussi un pouvoir réel lors des successions dynastiques, comme Anne de France pendant la minorité de son frère Charles VIII. Au XVIIe siècle, Henriette-Anne d’Angleterre est sollicitée comme intermédiaire entre Louis XIV et Charles II, son frère, lors de la négociation du Traité de Douvres. En filigrane se joue la question des conséquences de la composition de l’entourage princier et de son degré d’institutionnalisation. Quelles transformations peut-on observer de la place des sœurs dans les familles régnantes selon qu’elles évoluent dans une cour aristocratique médiévale d’empreinte domestique ou dans une cour « bureaucratico-rituelle » de la Renaissance [Cattini et Romani, 1982] ? Les sœurs sont-elles intégrées à la ritualisation politique croissante entourant leur(s) adelphe(s) régnant(s), à l’instar des frères [Duchesne, 2024] – et, le cas échéant, selon quels rythmes et modalités ? Quel degré de formalisation (hôtel, titulature, représentation diplomatique, etc.) est conféré à leur lien familial ? Les sœurs des rois ont-elles une place plus grande à la cour en l’absence d’épouses ou de filles de roi [Giraudier, 2018] ? L’analyse des effets de la curialité pourra dialoguer avec l’épineux binôme conceptuel du degré de « public » et de « privé » des formations politiques considérées, sans préjuger du caractère émique ou étique de ces catégories selon le contexte considéré.

Modalités de participation

Pourront être acceptées des propositions dans toutes les disciplines et champs d’études concernés par la période : histoire, histoire de l’art, anthropologie, études de civilisations européennes et littérature. Les communications se feront en français. Elles devront nécessairement partir du point de vue des sœurs : les propositions portant sur les relations des frères avec leurs adelphes ne seront pas acceptées. La publication des actes du colloque est prévue.

Les propositions d’une page maximum (titre, résumé de la communication et notice biographique) sont à adresser à colloque.soeurs@gmail.com.

Comité d’organisation

Priscilla Bucher (Aix Marseille Université, LERMA), Camille Hamon (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier), Solène Minier (Université Rennes 2 et Sorbonne Université, Tempora et Centre Roland Mousnier), Julie Özcan (Université Rennes 2 et EHESS, Tempora et CRH), Lia Paupière (Université Rennes 2, Tempora).

Comité scientifique

Justine Audebrand (Université de Tours, CETHIS), Fabrice Boudjaaba (EHESS, CRH), Aurélie Chatenet-Calyste (Université Rennes 2, Tempora), Élie Haddad (CNRS-EHESS, CRH), Flavie Leroux (CRCV).

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Séminaire – La valeur du papier. Matérialité, consommation et culture de l’écrit, début XIIIe – XIXe siècles

Programme complet : ici

L’université Versailles Saint-Quentin organise, en collaboration avec le département de la conservation des Archives nationales et l’université de Tours et avec le soutien de la Fondation des Sciences du Patrimoine, un séminaire autour de la matérialité du papier qui se tiendra au CARAN, en salle d’albâtre les :

  • 23 octobre, 
  • 20 novembre, 
  • 18 décembre 
  • et 22 janvier prochain.

Le papier se trouve au croisement de nombreuses problématiques qui ont souvent été abordées indépendamment les unes des autres, mais que des études récentes tendent de plus en plus à entrecroiser. Il s’agit de donner une visibilité et une épaisseur à un matériau qui n’est ni un donné, ni un simple support des transformations que l’écrit connaît tout au long du Moyen Âge et de l’époque moderne jusqu’à l’ère industrielle.

Ce séminaire entend favoriser la rencontre de différentes analyses, et engendrer des discussions approfondies entre des spécialistes de domaines parfois institutionnellement éloignés, allant de la conservation et de la restauration à l’histoire culturelle, de la codicologie et de l’histoire du livre à l’histoire économique des circulations marchandes et des pratiques de consommation. Il enjambe la frontière chronologique traditionnelle entre époque médiévale et époque moderne : la période allant du XIIIe au XIXesiècle permet d’observer des phénomènes de longue durée et faire dialoguer des travaux qui restent encore trop souvent cloisonnés, alors que les problématiques se recoupent.

Programme :

23 OCTOBRE 2026 | 9 h 30 – 12 h 30 – CONSERVER
Anne-Laurence Dupont, Centre de recherche sur la conservation, Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS UAR 3224
Modéliser la dégradation du papier pour prédire sa durée de vie en conditions archivistiques.

Emmanuelle Chapron, Aix-Marseille Université / EPHE
Choix et soin du papier dans les milieux savants de l’époque moderne.

20 NOVEMBRE 2026 | 9h30 – 12 h 30 – REMPLOYER
Alessia Meneghin, Universidad de Valencia
Paper on the Move. Production, Reuse, and the Life of Written Matter in Late Medieval Tuscany.

Émilie Arnaud-Nguyen, Chercheuse indépendante
Usage, emploi et réemploi du papier : l’adaptation de la technologie papetière en milieu aride.

18 DÉCEMBRE | 9 h 30 – 12 h 30 – CLASSIFIER
Marlène Hélias-Baron, IRHT-CNRS
Étude des filigranes : enjeux et méthodes à travers l’exemple des manuscrits audomarois (XIVe-XVIe siècle).

Joran Proot Sint-Lucas, Antwerpen
L’étude du papier fabriqué à la main du XVe au XVIIe siècle : état de la recherche, défis méthodologiques, pertinence.

22 JANVIER | 14 h – 17 h – CIRCULER
Claude Laroque, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Les papiers en Asie : aperçu technologique et anthropologique.

Corinna Zeltsman, Princeton University
Building Public Faith in the Nation-State: Papel Sellado in Nineteenth- century Mexico.

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