Appel à contribution – Blanche de Castille. Exercer le pouvoir au féminin (1226-1252)

COLLOQUE INTERNATIONAL
COLLÈGE DES BERNARDINS, SORBONNE, 27-28 NOVEMBRE 2026

Marie Dejoux (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, LAMOP – UMR 8589)
Clément de Vasselot de Régné (Institut catholique de Rennes, CESCM – UMR 7302)

Le 8 novembre 1226, Louis VIII mourrait brutalement, probablement emporté par la dysenterie. Trois semaines plus tard, le 29 novembre, son jeune fils Louis IX, âgé de 12 ans, était sacré dans la cathédrale de Reims. Les commémorations de ce sacre ont attiré la lumière en 2026, laissant quelque peu dans l’ombre ce qui fit véritablement événement huit cents ans plus tôt. Pour la première fois de l’histoire capétienne, l’exercice du pouvoir était clairement confié à une femme, Blanche de Castille, veuve du défunt Louis VIII et mère du nouveau roi, au titre de la tutelle qu’elle avait obtenu sur ce dernier.

            Les témoignages contemporains soulignent son influence politique, qui se prolonge au-delà de la majorité de son fils. La date à laquelle Louis IX assume pleinement le gouvernement est ainsi toujours sujette à débat. Est-ce en 1234, au moment de sa majorité ? En 1245, lorsqu’il décide de prendre la croix en dépit des réticences de sa mère ? En 1252, lorsque la mort de Blanche met définitivement fin à son rôle politique en même temps qu’à sa seconde régence ?

            Au regard de la place exceptionnelle occupée, pendant près d’un quart de siècle, à l’échelle de la chrétienté latine, par cette femme de pouvoir, l’anniversaire du début de sa « régence » nous a semblé une bonne occasion pour mettre en lumière les avancées historiographiques récentes sur Blanche de Castille.

            Ce colloque entend ainsi mettre en lumière son gouvernement – de l’échelle de son domaine personnel à celle de la chrétienté latine – et sa trajectoire, depuis ses origines castillanes à son dernier repos dans les abbayes de Maubuisson et du Lys, voire jusqu’à nos jours.

Presentation

            On 8 November 1226, Louis VIII died suddenly, probably from dysentery. Three weeks later, on 29 November, his young son Louis IX, aged 12, was consecrated in Reims Cathedral. The commemorations of this consecration drew attention in 2026, somewhat overshadowing what had truly been the defining event eight hundred years earlier. For the first time in Capetian history, the exercise of power was clearly entrusted to a woman, Blanche of Castile, widow of the late Louis VIII and mother of the new king, by virtue of the guardianship she had secured over him.

            Contemporary accounts highlight his political influence, which persisted beyond his son’s coming of age. The date on which Louis IX fully assumed control of the government is therefore still a matter of debate. Was it in 1234, when he came of age? In 1245, when he decided to take up the cross despite his mother’s reluctance? Or in 1252, when Blanche’s death brought her political role to a definitive end, along with her second regency?

Given the exceptional position held by this powerful woman within Latin Christendom for nearly a quarter of a century, the anniversary of the start of her ‘regency’ seemed to us a fitting occasion to highlight recent advances in the historiography of Blanche of Castile.

This conference therefore aims to shed light on his reign – from the scale of his personal domain to that of Latin Christendom – and his life’s journey, from his Castilian origins to his final resting place in the abbeys of Maubuisson and Le Lys, and indeed right up to the present day.

Argumentaire

            La « régence » de Blanche de Castille a longtemps été présentée, dans l’historiographie savante comme dans le « roman national » comme un simple prélude au règne de son fils, dont la grandeur aurait été préparée et amplifiée par l’exceptionnalité de sa mère. Les avancées historiographiques des dernières décennies ont largement déplacé ces questions. Les Queenship studies ont mis l’accent sur les modalités du gouvernement au féminin et sur les conditions d’effectivité de l’autorité féminine plutôt que sur une supposée exceptionnalité individuelle (Duggan, 1997 ; Earenfight, 2013 ; Gaude-Ferragu, 2014 ; cf. le cours « Mâle royaume » actuellement dispensé au Collège de France par Patrick Boucheron ou encore le congrès de la SHMESP 2026, « Des femmes ‘puissantes’ ? Les modalités de l’action féminine au Moyen Âge »). Les biographies récentes de Blanche de Castille (Grant, 2016 ; Gaude-Ferragu, 2025), dans la même dynamique historiographique que celles consacrées à d’autres reines médiévales, ont souligné la singularité de son action, la prenant comme un objet historique à part entière. Pendant ce temps, d’autres travaux ont attiré l’attention sur les nombreuses autres femmes qui exercent un pouvoir dans la France du xiiie siècle, à l’instar de Blanche, mais dans son ombre (Vasselot de Régné, 2026). Parallèlement, l’essor des travaux sur la gouvernementalité capétienne a mis en lumière les dispositifs concrets de gouvernement – production écrite, actes, comptabilité, sceaux, réseaux – (Nielen, 2011 ; Dejoux, 2014, 2024, 2025 ; Grant, 2018), permettant de resituer l’action de Blanche de Castille en leur cœur.

La réginalité de Blanche de Castille

La trajectoire politique de Blanche de Castille – entre son statut de reine, puis de reine douairière, ainsi que ses deux régences –, pose la question des continuités et des ruptures dans son action politique. Elle appelle à l’établissement d’une chronologie fine afin d’identifier les moments où l’exercice du pouvoir se reconfigure. Il s’agit de se demander quand et comment la reine et le roi – Blanche et Louis IX – gouvernent. Dans ces différentes temporalités, agissent-ils principalement comme des figures morales supervisant une administration, ou comme des acteurs de relations politiques ? Quelles recompositions peut-on observer au fur et à mesure des années ? Existe-t-il des différences entre les modes de gouvernement de Blanche pendant ses deux régences ?

Ces interrogations conduisent à s’intéresser à la « réginalité », c’est-à-dire à toutes les formes mobilisées par les reines médiévales pour exercer le pouvoir : mécénat artistique, fondations pieuses, élaboration des normes, structuration et mobilisation de l’entourage, intercession politique et diplomatique. La capacité à gouverner se lit dans l’écrit (actes, formules, souscriptions) et se matérialise dans les dispositifs de validation (sceaux, contre-sceaux, matrices, pratiques de scellement), comme l’a souligné récemment le colloque « Gratia Dei regina ». Actes écrits et mécénat des femmes de pouvoir (xiii-xvie s.) (Université Sorbonne Paris Nord, 2024). La piété de Blanche est au croisement de la spiritualité et de la réginalité. La première structure la seconde par des réseaux, des fondations, des programmes iconographiques et architecturaux, des donations et des dispositifs de mémoire liturgique (Gajewski, 2012, Pellón Gómez-Calcerrada, 2013).

Blanche de Castille en contexte européen

Blanche de Castille s’inscrit pleinement dans l’espace politique de la chrétienté latine. Fille d’Alphonse VIII de Castille, petite-fille d’Aliénor d’Aquitaine et épouse de Louis VIII de France, elle incarne la convergence des lignages royaux ibériques, capétien et anglo-angevin.

            Fille du roi vainqueur des Almohades à Las Navas de Tolosa, en 1212, Blanche apporte dans la famille royale capétienne l’héritage d’une dynastie qui s’est forgée dans ce que l’on a appelé a posteriori la « Reconquista ». Sa grand-mère, Aliénor d’Aquitaine a contribué, par l’héritage anglo-angevin qu’elle lui a transmis, à fonder les prétentions de Louis VIII à la couronne d’Angleterre lors de l’expédition de 1216-1217. Mais elle a également pu constituer pour Blanche un modèle – ou un contre-modèle – de « réginalité ». Son degré d’influence doit encore être précisément évalué.

            Blanche s’appuie sur des relais en Péninsule Ibérique, notamment à travers des liens dynastiques et religieux. Le pouvoir dont elle dispose lui permet de favoriser des membres de sa famille et faciliter leur établissement en France. Elle entretient des relations politiques avec l’Angleterre et la papauté. Son rôle dans la politique européenne mérite d’être davantage exploré selon une perspective comparatiste, confrontant son gouvernement avec celui d’autres régentes ou baillistres contemporaines. Le regard porté sur Blanche depuis l’étranger mérite lui aussi d’être exploré.

La sacralisation de la monarchie capétienne

            Blanche de Castille a également contribué à la construction de la dimension sacrée du pouvoir capétien. Elle accompagne et parfois dirige les pratiques d’intercession royales, comme pendant le siège de La Rochelle, en 1224. Dès la mort de son mari, elle organise le sacre de son fils Louis IX. Elle s’inscrit en outre dans un ensemble de pratiques liturgiques et commémoratives qui contribuent à associer étroitement la royauté capétienne à la médiation du sacré. Elle veille à ce que ses enfants reçoivent une éducation religieuse exemplaire, si bien que les hagiographes de saint Louis en ont fait la principale artisane de la sainteté de son fils. Cette dimension religieuse s’inscrit également dans une politique de fondations et de patronage monastiques (Maubuisson, Le Lys), qui participent à la mise en mémoire dynastique et à l’inscription du pouvoir capétien dans un ordre spirituel. Le procès de canonisation du roi la présente comme une sancta radix, une « sainte racine » de la lignée capétienne. Le rôle exact qu’elle a joué dans la sacralisation de la monarchie capétienne reste encore à être précisément évalué.

Image et mythe de Blanche de Castille

            Blanche de Castille a très tôt fait l’objet de représentations, qu’elles soient figurées ou écrites, qu’elle a parfois commandées elle-même. L’historiographie comme les récits de vulgarisation se sont principalement appuyées sur les sources écrites, construisant deux portraits devenus classiques : celui de la virago, reine autoritaire et dominatrice et celui de la mère sage et dévote, qui ne s’excluent pas nécessairement. Les logiques propres des sources qui véhiculent ces représentations doivent être interrogées, notamment les représentations genrées du pouvoir et les attentes spécifiques pesant sur les figures féminines de gouvernement. Il s’agit de relativiser ces clichés en confrontant le discours historiographique à l’analyse des dispositifs de mise en scène, tant visuels qu’écrits, dans les sources du xiiie siècle – codes émotionnels, circulation des rumeurs politiques, etc. – (Vasselot de Régné, 2022). La manière dont la mémoire de Blanche a été construite pourrait ainsi être explorée, jusqu’à l’époque contemporaine.

            Ce colloque invite donc à confronter, d’une part, un large éventail de sources – chroniques, actes, comptabilité, iconographie – et des approches nouvelles (Queenship studies, Gender studies, histoire des images, histoire de l’art, histoire des émotions, prosopographie, etc.). Il appelle donc à une approche interdisciplinaire, le tout en vue de mieux comprendre l’objet historique singulier constitué par Blanche de Castille. Des communications dédiées à d’autres femmes ayant exercé au xiiie siècle le pouvoir à une vaste échelle (royaume, duché, comté), au titre de leur dominium seigneurial, d’une tutelle sur leurs enfants ou de leur douaire, seront également les bienvenues à des fins comparatistes.

Modalités d’intervention/Communication form

Les communicants interviendront sur une durée de 25 minutes qui sera suivie d’un temps de discussion et seront données de préférence en français, même si l’anglais ou l’espagnol sont aussi possibles.

Papers will be 25 minutes each, followed by a discussion. Papers should be presented in French, but English or Spanish are possible.

Modalités de soumission/Submission form

Les propositions de communication peuvent être soumises, en français ou en anglais, avant le 1er juin 2026, sous la forme d’un résumé (300 à 500 mots), accompagné d’un titre provisoire, en format Word ou OpenOffice (.doc, .docx, .odt), par email, conjointement, aux adresses suivantes : marie.dejoux@univ-paris1.fr ; c.devasselot@icrennes.org.

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Publication – « Tomb Monuments in Medieval Europe: Volume One », éd. Paul Cockerham, Christian Steer

Ce premier volume d’une trilogie rassemble vingt et un auteurs qui explorent différents aspects des monuments funéraires en Europe au Moyen Âge. Adoptant des approches contrastées et des méthodologies variées, ils se concentrent sur des études de cas individuelles et leur contexte régional, tant au niveau local que national, en considérant l’importance du mécénat et des influences. Les contributeurs examinent des évolutions telles que celles observées à Chypre, en Angleterre, en France, dans le Saint-Empire romain germanique, en Ibérie, dans les États italiens, à Jérusalem et en Norvège, depuis les premières mosaïques et pierres à inscriptions runiques jusqu’à la démonstration élaborée du style gothique italien à Naples. Ce premier volume constitue à la fois une ressource scientifique précieuse et un régal pour les yeux, jetant les bases des deux volumes suivants qui approfondiront les variations régionales et les manifestations changeantes des monuments funéraires à la fin du Moyen Âge.

List of Contributors

List of Abbreviations

Acknowledgments

Paul Cockerham

Introduction: Tomb Monuments in Medieval Europe

Johan Bollaert

The Materiality of Roman and Runic Alphabet Tombs in Medieval Norway

Iris Crouwers

From Europe to the Fjords: The Development of Sepulchral Monuments in West-Norwegian Churchyards (c.1030–1350)

Øystein Ekroll

Northern Ladies: The Incised Slabs of Aristocratic Ladies in Medieval Norway

Savvas Mavromatidis

Unveiling the Maternal: An Incised Slab of a Pregnant Woman in Late Medieval Cyprus

Estelle Ingrand-Varenne and Maria Aimé Villano

The Words of the Last Hour: Tombs and Epitaphs for Women in the Kingdoms of Jerusalem and Cyprus

Vincent Debiais

Verse and Prose, Formulary and Creation: The ‘Unexpected’ in Funerary Inscriptions on Medieval Slabs in France (1150–1350)

Xavier Barral i Altet

The 11th-Century Rise in Monumental Funerary Sculpture and the Beginnings of the Romanesque gisant in Europe

Vinni Lucherini

The Angevin Royal Tombs in Naples and their Kinship Discourses (1323–43)

Karen Blough

The Abbatial Effigies from Quedlinburg: Conceptualisation, Significance and Function

Robert Marcoux

The Beaumont Tombs and the Political Context of Thirteenth-Century Maine

Philip Muijtjens

Visibility and Exclusivity: The Tombs of Blanche (d.1243) and Jean of France (d.1248) in the Cistercian Abbey of Royaumont

Rocío Sánchez Ameijeiras

The Dormant Kings: Aethtics, Politics and the Royal Tombs at Santiago de Compostela (1211–1374)

Luca Salvatelli and Gianpaolo Serone

Monumental Tombs and Sepulchral Memories in the Dominican, Franciscan and Augustinian Convents of Viterbo of the Thirteenth Century: A General Catalogue

Federica Cosenza and Lorenzo Curatella

The Pantheon in the Middle Ages: The Tomb Slabs of Santa Maria ad Martyres in Rome (c.1250–c.1500)

Christene d’Anca

The Brabantian Influence on Westminster Abbey: Henri III of Brabant’s Tomb, an Inspiration for Henry III and Edward I of England

Sarah S. Celentano

Selective Kinship at the Priory of Saint-Louis de Poissy: The Sculpted Family of Louis IX and the Heart Tomb of Philip IV

Stefania Botticchio Giorgi

Strategies of Visualisation: The Development of Microarchitecture on Canopie d Effigies of the Iberian Peninsula, c.1290–1493

Edward Impey

The Canopied Funerary Monument in England, 1290–1600

Index


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Publication – « Il Ciclo di Guiron le Courtois. Romanzi in prosa del secolo XIII », dir. Lino Leonardi, Richard Trachsler, t. 3/2, « Continuazione del Roman de Meliadus », éd. Nicola Morato, Barbara Wahlen

I romanzi che compongono il nucleo antico del Ciclo di Guiron le Courtois sono corredati di continuazioni di analoga impostazione, risalenti a una fase unitaria della storia del ciclo. Quella del Roman de Meliadus ne prosegue la redazione lunga pre-ciclica aprendo scenari inediti. Artù prepara una spedizione contro Claudas della Terra Deserta mobilitando un enorme apparato militare. Ma a corte giunge una notizia: il Morholt è prigioniero in un’isola remota. La prova da affrontare per liberarlo è durissima e riservata ai tre migliori cavalieri. Artù, con giovanile irresponsabilità, prende il largo insieme a Meliadus e al Buon Cavaliere senza Paura. I tre cadono così nella trama di Claudas e intraprendono la più sfavorevole delle navigazioni. Si salveranno? Libereranno il Morholt? La spedizione contro la Terra Deserta avrà luogo? Il continuatore esplora un nuovo spazio narrativo e le potenzialità di una sorprendente avventura marittima, non graaliana e non crociata, durante la quale più che combattere si finisce per raccontare: raccontare del passato spiegando o prospettando il futuro. Una fitta trama di eventi connette le linee portanti della Continuazione al tessuto vivo della ciclizzazione arturiana integrandole tanto alle principali narrazioni guironiane quanto al vasto affresco geopolitico che apre il Lancelot en prose, conferendo ulteriore respiro alla biografia di Meliadus, appena accennata in avvio del Tristan en prose.

L’edizione critica della Continuazione del Roman de Meliadus è stata allestita secondo il protocollo elaborato dal «Gruppo Guiron». All’analisi letteraria e alla nota al testo, che sistema la tradizione testuale e rende conto dell’operato dell’editore, segue il testo critico con apparato di varianti e appendice di autocorrezioni del copista, corredato da riassunto, nota linguistica, note di commento, glossario e bibliografia.

Il volume è disponibile in Open Access.

Il Ciclo di Guiron le Courtois. Romanzi in prosa del secolo XIII, dir. Lino Leonardi, Richard Trachsler, t. 3/2, Continuazione del Roman de Meliadus, éd. Nicola Morato, Barbara Wahlen, SISMEL–Ed. del Galluzzo, 2026 ; 1 vol., XVIII–503 p. (Archivio Romanzo, 49). ISBN : 978-88-9290-443-9. Prix : € 86,00.

Source : SISMEL

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Publication – « La Croce nei secoli XIV-XV. Scritture immagini modelli », éd. Alessandra Bartolomei Romagnoli, Raffaele Di Muro e Massimo Vedova

Il secondo volume della trilogia della Croce nella tradizione francescana si sofferma sul Trecento e il Quattrocento, due secoli che gli storici hanno definito come il tempo delle crisi e delle prove per il progressivo sfaldarsi della christianitas, una, sancta et catholica, e la messa in discussione della grande sintesi politica e culturale raggiunta dall’Occidente medievale. Si tratta di un periodo di gravi difficoltà anche per l’ordine dei Minori, attraversato al suo interno dai dibattiti laceranti sulla questione della povertà, come pure sul suo ruolo e la sua missione nella Chiesa. Ma, anche all’esterno, la famiglia francescana è sovente costretta a misurarsi con i grandi poteri del tempo, ad affrontare conflitti che sfociano in episodi di vera e propria persecuzione.  Non per questo essa perde la sua vitalità e la sua forza propositiva, la centralità nel panorama religioso e spirituale del tardo medioevo. È proprio in questo clima particolare che il racconto della Passione assume sempre di più un significato identitario, e la Croce diviene quasi il sigillo dell’autocomprensione intellettuale e spirituale dei frati Minori.

Saluto — R. Di Muro

Premessa

Con Giotto ai piedi della croce. Prosa di uno sguardo — A. Ricci

Croce e soteriologia nella Commedia di Dante — P. Nasti

La Croce nella riflessione dei maestri francescani

Significati della croce nel pensiero di Pietro di Giovanni Olivi — A. Forni, P. Vian

Christicoli crucifixi: per una rilettura dell’Arbor vite crucifixae Iesu di Ubertino da Casale — D. Solvi

La croce negli scritti di Francesco di Meyronnes — E. Dezza

La Croce di Gesù Cristo e le stimmate di san Francesco nel De conformitate di Bartolomeo da Pisa — P. Maranesi

Predicazione e letteratura spirituale

Il lignum vitae come simbolo teologico-spirituale nella tradizione francescana — A. Alessandri

Il Lignum vitae in immagine — M. Bollati

“L’altra” croce: la voce delle mistiche — M. Vedova

Sentire la voce e vedere il gesto. I Crocifissi parlanti nelle agiografie delle sante medievali — E. Kumka

Il mistero della Croce nella teologia mistica di Enrico di Herp — J. L. Sohet

Il teatro della passione

Le Meditazioni della Passione di Cristo. Una Bibbia francescana — A. Bartolomei Romagnoli

«Quae sit longitudo, latitudo, sublimitas et profundum»: lo Specchio di Croce di Domenico Cavalca — A. Troiano

Il Crocifisso gotico doloroso — E. Lunghi

«Adoro te in Cruce pendentem»: l’Imago Pietatis, il Cristo Crocifisso e la Messa di san Gregorio Magno — C. T. Gallori

La Croce al crepuscolo del Medioevo

Il Tractatus de Passione di Giovanni da Capestrano: testo e contesto — P. Delcorno

La croce come modello di oratio e conformatio nella Franceschina di Iacopo Oddi — A. Pelegrinelli

La croce nella storia della Terrasanta: il ruolo dei frati del Sion (XIV–inizio XVI secolo) — M. Campopiano

Concordanze visive, risonanze narrative: Piero della Francesca e la leggenda dipinta della vera Croce — A. Ricci

La Croce nei secoli XIV-XV. Scritture immagini modelli, éd. Alessandra Bartolomei Romagnoli, Raffaele Di Muro e Massimo Vedova, Rome, CISAM, 2025 ; 1 vol., X–526 p. (Uomini e Mondi Medievali, 5). ISBN : 978-8-86809-468-3. Prix : € 75,00.

Source : CISAM

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Offre d’emploi – Un.e post-doctorant.e boursier.ière en Histoire du Moyen Âge à temps plein (Université de Namur)

Faculté : Faculté de philosophie et lettres
Département : Histoire
Grade : Post doc
Contrat : durée déterminée
Catégorie : personnel scientifique

Cadre de travail

L’Université de Namur, avec ses quelque 60 programmes universitaires de 1er, 2e et 3e cycles et ses 11 instituts de recherche, accueille chaque année plus de 7300 étudiant.e.s et doctorant.e.s et compte plus de 1300 membres du personnel, dont plus de 900 chercheur.euse.s.

Au sein de l’Université de Namur, la Faculté de Philosophie et Lettres compte près de 670 étudiant.e.s et 75 membres du personnel, dont 30 académiques et 35 scientifiques. Elle offre des programmes de 1er et de 3e cycles en « Histoire », « Histoire de l’art et archéologie », « Langues et lettres anciennes et modernes », « Langues et lettres françaises et romanes », « Langues et lettres germaniques » et « Philosophie », ainsi que des masters de spécialisation en « Cultures et pensées cinématographiques » et en « Expertise et gestion du patrimoine mobilier ».

La personne engagée en tant que post-doctorant.e sera intégrée au Département d’Histoire et mènera ses travaux de recherche au sein du centre « Pratiques médiévales de l’écrit », un des pôles de recherche de l’institut PaTHs (Patrimoines, Transmissions, Héritages).

Liens utiles :

https://www.unamur.be/fr/philosophie-lettre/langues-litteratures-classiques

https://www.unamur.be/fr/philosophie-lettres/departement-histoire

https://paths.unamur.be/prame

Recherche

Le projet MONETA NAMURCENSIS vise à renouveler notre connaissance du monnayage médiéval des comtes de Namur pour une période comprise entre le milieu du XIe siècle, temps des premières frappes identifiées, et le premier tiers du XVe siècle, période de l’avènement des Bourguignons en Namurois. Mêlant approches érudite et interdisciplinaire, impliquant des collaborations dans les domaines du numérique et des sciences du patrimoine, l’enquête s’orientera autour de quatre axes complémentaires :

  1. Une profonde mise à jour du catalogue de référence des monnaies namuroises, qui aboutira à la publication d’un nouvel instrument de travail imprimé ;
  2. Un prolongement de celui-ci sous format numérique, en vue de poser les bases d’une plateforme collaborative dédiée à l’inventoriage des monnaies médiévales ;
  3. Une analyse en laboratoire d’un sous-corpus déterminé de monnaies, qui permettra de mieux comprendre la production de ces artefacts ;
  4. Une enquête historique proprement dite qui tirera parti des étapes précédentes pour éclairer d’un jour neuf certains traits de la production monétaire namuroise (aire de diffusion, imitation des types monétaires étrangers, etc.). Sur un plan institutionnel, le projet permettra de renforcer l’expertise présente à l’UNamur dans le domaine des sciences auxiliaires de l’histoire et fortifiera les collaborations interdisciplinaires naissantes au sein de l’université entre les chercheurs en sciences humaines et leurs homologues du domaine des sciences exactes.

Le projet complet peut être obtenu sur demande auprès de Nicolas Ruffini-Ronzani (UNamur / Archives de l’État à Namur), nicolas.ruffini@unamur.be

Profil

Les personnes qui postuleront seront titulaires d’un doctorat en Histoire ou en Histoire de l’Art et Archéologie, avec une spécialisation dans l’étude de la période médiévale. Elles disposeront de compétences démontrées dans le domaine des sciences auxiliaires de l’histoire, idéalement dans le domaine de la numismatique.

Constitueront des atouts :

• Des connaissances dans le domaine de l’histoire économique et monétaire de la période médiévale ;

• Une ouverture vers les humanités numériques, notamment en matière de conception de bases de données ;

• Une expérience de collaboration interdisciplinaire dans le secteur des sciences du patrimoine.

La compréhension du français écrit et oral ainsi qu’une grande rigueur dans le traitement des données sont essentielles à l’accomplissement du projet.

Les sources étant principalement conservées à Namur, il est attendu que la personne dont la candidature sera retenue réside en Belgique.

Renseignements complémentaires

Pour toute question en lien avec le poste, il est possible de contacter Nicolas Ruffini-Ronzani, promoteur du projet au Département d’Histoire (nicolas.ruffini@unamur.be).

Pour toute question administrative, il est possible de contacter le Service des Ressources humaines (elodie.duchene@unamur.be ; 081/72.41.50).

Remarques

1. Contrat proposé

Date d’entrée en fonction : 30 septembre 2026 au plus tard

Contrat : Ce poste est attribué pour une durée de deux ans, sans possibilité de renouvellement.

2. Modalités de sélection

• Examen et sélection des candidatures par la Commission de recrutement et sélection ;

• Audition par la Commission de recrutement et sélection.

3. Modalités pour postuler

La candidature doit comprendre :

• une lettre de candidature ;

• un curriculum vitae détaillé ;

• les copies des trois publications considérées comme les plus significatives ;

Ce dossier de candidature doit être adressé (avec fichiers au format PDF) pour le 31 mai 2026 au plus tard à Nicolas Ruffini-Ronzani (nicolas.ruffini@unamur.be). Merci d’indiquer la référence du poste dans l’objet du mail.

4. Politique de recrutement

Notre politique de gestion des ressources humaines s’inscrit dans le respect de l’égalité des droits et de traitement de tou.te.s. Cette diversité s’articule, en outre, autour de différents axes : le genre, le handicap, l’origine, les convictions, l’âge, l’orientation sexuelle, etc. L’Université de Namur est par ailleurs signataire de la charte de diversité.

L’UNamur s’est également engagée à adhérer aux 40 principes de la Charte européenne du chercheur et du Code de recrutement du chercheur de l’Union européenne dans sa gestion des Ressources humaines (politique OTM-R).

Source : Université de Namur

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Publication – Pierre-Olivier Dittmar, « L’Invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale »

Il n’y avait pas d’animal au Moyen Âge. Des cochons et des oiseaux, des bœufs et des belettes, des lapins et des ours, des loups et des abeilles, des licornes même, oui. Mais si les animaux étaient présents en nombre, partageaient leur territoire et bien d’autres relations avec les humains, l’animal en tant que catégorie, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’existait pas. Or, l’invention de ce concept ne crée pas seulement une fracture entre les humains et le reste du monde ; elle produit aussi m1second partage, moins visible, plus intime, qui donne naissance à une « part animale » au sein de chaque individu.
L’objet de cet ouvrage est de témoigner d’un monde, d’une période, qui ignorait cette double coupure et l’a fait émerger. Au croisement de l’histoire religieuse et de l’histoire intellectuelle, de l’histoire de l’art ou de celle de l’alimentation, il met en lumière, notamment par les images, un mode particulier de rapport au vivant et un moment décisif de l’histoire des sociétés occidentales.

Informations pratiques :

Pierre-Olivier Dittmar, L’Invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale, Paris, Gallimard, 2026 ; 1 vol., 488 p. (Bibliothèque des histoires). ISBN : 978-2-07312-692-4.

Source : Gallimard

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Appel à contribution – Revue « Capitellum »

Appel à contribution
Numéro 1 – Varia

Capitellum est une revue scientifique francophone entièrement dédiée à l’histoire de l’art du Moyen Âge. La diffusion annuelle est exclusivement en ligne, en accès libre. Elle est effectuée par le comité de rédaction.

Capitellum propose de remettre les œuvres au cœur de l’étude. À un moment où l’on décrit souvent la discipline comme étant en crise, la revue vise à fédérer les chercheurs – débutants et confirmés – ainsi que les acteurs du patrimoine autour d’un objectif commun : questionner, renouveler les pratiques et les méthodes pour accroître notre connaissance de la création artistique au Moyen Âge, raison d’être de notre discipline et de notre travail.

Le seul cadre restrictif de la revue est d’ordre chronologique, en se consacrant au Moyen Âge (IVe-XVe siècle). Des incursions pourront être faites dans les autres périodes, notamment dans une perspective historiographique et épistémologique, si elles s’inscrivent dans l’objectif énoncé plus haut. Capitellum ne se donne aucune borne géographique. Enfin, elle accepte un large éventail de spécialités : architecture, sculpture, peinture, arts précieux (ivoire, orfèvrerie, enluminure), textile, autant dans le domaine religieux que dans la sphère civile et privée.

  • Comment soumettre une proposition d’article ?

Les propositions, sous la forme d’une page maximum au format .doc ou .docx, devront être envoyées avant le jeudi 30 avril 2026 à l’adresse comiteredaction@revuecapitellum.com. Elles seront accompagnées d’une présentation synthétique de l’auteur. Après examen des propositions par le comité scientifique, les auteurs recevront une réponse à partir du lundi 4 mai 2026.

Le comité de rédaction invite les auteurs à consulter les normes de publication sur la page du site.

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Appel à contribution – Journal of Medieval Worlds (Relaunch Issue)

Call for Submissions: Journal of Medieval Worlds Special Issue: Fragments I: Putting the Worlds Back Together (Spring 2027) Submission Type: Short Essays & Critical Responses (1,000–3,000 words)

The Journal of Medieval Worlds is relaunching with a special issue dedicated to the “fragment” as a critical lens. We invite submissions of short-form essays that address the evolving landscape of Medieval Studies, with an emphasis on race, gender, sexuality, decolonization, and the Global Middle Ages.

This is a unique opportunity to publish shorter, critically engaged work that reflects on:
•. Archival Fragments: How do we build history from residue and partial objects?
•  Professional Fragmentation: The experience of the “Lone Medievalist” or contingent faculty.
•. Global Perspectives: How the Global Middle Ages has shifted pedagogical and scholarly approaches.

Submission Deadline: August 15. Full Call for Submissions: Here. Send manuscripts to: JMW_editorial@ucpress.edu Journal Details: https://online.ucpress.edu/jmw

Source : University of California Press

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Publication – « Château et Église. Actes du colloque international de Goldegg (Autriche 3-9 septembre 2022) », éd. Peter Ettel, Anne-Marie Flambard Héricher, Thomas Kühtreiber

Créés, en 1961, à l’initiative de Michel de Boüard, membre de l’Institut et doyen de la faculté des Lettres de l’université de Caen, les colloques Château Gaillard, regroupent des spécialistes européens de castellologie qui se réunissent tous les deux ans dans un pays d’Europe à chaque fois différent. Dix pays participent à l’entreprise Château Gaillard : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse. Deux autres membres représentent le reste de l’Europe et l’Orient latin. Les représentants de chaque pays composent le comité permanent qui se charge de choisir le lieu d’organisation et le pays organisateur du colloque à venir. Il choisit également le thème des colloques et répartit les communications entre les différents pays.

Depuis plus de quarante ans tous les pays d’Europe représentés dans le « Comité permanent » ont été parcourus à plusieurs reprises : France (Andelys 1962, Blois 1974, Najac 1988, Voiron 2004, Château-Thierry 2018), Allemagne (Büderich 1964, Bad Münstereifel 1976, Schwäbisch Hall 1990, Bad Neustadt 2014), Royaume-Uni (Battle 1966, Durham 1980, Abergavenny 1994, Stirling 2008), Belgique (Gand 1968, Oostduinkerke et Floreffe 1984, Houffalize 2006), Danemark (Hindsgavl 1970, Gilleleje 1996, Aabenraa 2012), Pays-Bas (Venlo 1972, Wageningen 1986, Rindern 2010), Suisse (Bâle 1978 et Gwatt 2000), Luxembourg 1992, Autriche (Graz 1998 et Goldegg 2022), Irlande (Maynooth 2002, Roscommon 2016). 

Les relations entre Château et Église étaient au cœur des réflexions des chercheurs réunis à Goldegg (Autriche) pour le 30e colloque Château Gaillard en 2021. Les 28 contributions de cet ouvrage balaient l’espace européen du Danemark au Portugal et de l’Irlande à la Livonie et à la Silésie, avec une incursion en Syrie. Archéologie oblige, elles abordent les bâtiments eux-mêmes et leur architecture quel que soit leur statut : chapelle, église, abbaye, en évoquant leur construction et leur implantation (hors du château ou dans le château et à quel emplacement de ce dernier), mais en abordant aussi les circonstances de leur fondation, les dates, les pouvoirs qui sont à l’œuvre et les relations qu’entretiennent détenteurs de châteaux et établissements religieux. L’antériorité des unes ou des autres est au cœur des réflexions, que ce soit en Bretagne ou en Toscane. L’influence du contexte politique sur la multiplication des églises ou des châteaux est également abordée, ainsi dans l’Angleterre du XIIe siècle, et l’on voit que la transformation de certains monastères en châteaux ou l’inverse s’avère une pratique courante que ce soit en Irlande ou en Allemagne.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Château et Église. Actes du colloque international de Goldegg (Autriche 3-9 septembre 2022), éd. Peter Ettel, Anne-Marie Flambard Héricher, Thomas Kühtreibe, Louvain, Peeters, 2026 (Château Gaillard. Études de Castellologie Médiévale, 30). ISBN : 978-2-96037-782-8. Prix : € 50,00.

Source : Peeters – Leuven

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Publication – Mark Cruse, Gabriella Parussa, « L’iconographie de l’Epistre Othea de Chrisitine de Pizan »

Ce volume présente une étude de l’iconographie de l’Epistre Othea de Christine de Pizan dans le manuscrit 606 du fonds français de la Bibliothèque nationale de France. Composé par Christine vers 1400, l’Epistre Othea est un prosimètre à la forme complexe, dans lequel le sens est le produit des relations qui s’établissent entre chaque texte en vers, et la glose et l’allégorie qui suivent, rédigés en prose. Par sa forme, son contenu, et sa visée didactique, l’Epistre rompt avec les textes poétiques brefs que Christine composait auparavant et marque le début de sa carrière d’écrivaine moralisatrice voulant instruire la noblesse française. Bien que l’Epistre ne soit pas le texte le plus connu et le plus apprécié de nos jours, il s’agit d’un texte majeur dans la vie de la première femme de lettres de la littérature française : le nombre de manuscrits conservés (presque une cinquantaine) atteste de l’accueil que lui ont réservé les lecteurs et lectrices du XVe siècle.

Le manuscrit 606 du fonds français de la Bibliothèque nationale de France, produit entre 1405 et 1408, faisait partie à l’origine du deuxième recueil des oeuvres de Christine, commandité par Louis d’Orléans, fils du roi Charles V (r. 1364-1380) et frère du roi Charles VI (r. 1380-1422). Dans ce manuscrit, chaque ensemble « texte-glose-allégorie » de l’Epistre est complété par l’ajout d’une miniature. Le manuscrit fr. 606 est le plus ancien des trois manuscrits présentant un cycle complet de 101 enluminures exécutés sous sa supervision. Il montre l’approche innovatrice de Christine en ce qui concerne l’organisation textuelle et le rapport entre l’image et le texte, sa capacité à mobiliser une équipe d’artistes de qualité (ici le Maître de l’Épître Othéa et son atelier, le Maître au safran, et le Maître d’Egerton), ainsi que son désir de valoriser le rôle de la femme dans l’histoire et la société. Quelques années plus tard, le peintre responsable de l’iconographie du manuscrit Harley 4431 de la British Library (le célèbre « Manuscrit de la Reine ») reprendra en l’imitant la structure de l’ensemble des enluminures du fr. 606 et la composition de chacune d’entre elles. Le manuscrit fr. 606 est ainsi d’une grande importance pour l’histoire de l’art, de la littérature et des idées.

Mark Cruse est professeur de français à Arizona State University (Phoenix, USA). Médiéviste, ses recherches portent sur le rapport entre la littérature et la culture visuelle, et sur les relations entre Occident et Orient.

Gabriella Parussa est professeure de linguistique et de philologie à Sorbonne Université. En tant qu’historienne de la langue, elle a travaillé sur l’orthographe et sur la représentation de l’oral à l’écrit. Ses recherches portent notamment sur le moyen français, Christine de Pizan et le théâtre médiéval.

Table des matières :

Une femme monte en chaire : enseigner avec des mots et des images
– Christine de Pizan au milieu des clercs
– Éduquer les jeunes nobles par les « figures des poètes »
– Le premier cycle iconographique complet de l’Epistre Othea
Conception du cycle iconographique
– Comment la relation entre texte et image construit le sens
– Liste des manuscrits conservés de l’Epistre Othea

Le cycle iconographique
– Avertissement au lecteur

Bibliographie
Planches

Mark Cruse, Gabriella Parussa, L’iconographie de l’Epistre Othea de Chrisitine de Pizan, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 221 p. (Répertoire Iconographique de la Littérature du Moyen Âge, 10). ISBN : 978-2-503-61150-1. Prix : € 100,00.

Source : Brepols

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