Le fil conducteur qui réunit les articles rassemblés par Madeleine Jeay dans cette collection est celui de la quête du sens à accorder aux textes dont ils traitent. La séduction qu’exercent sur leur lectrice les œuvres du Moyen Âge tient en effet en grande partie à la part d’énigme qu’elles recèlent et qui déjoue les systèmes d’interprétation qu’on peut leur appliquer. Ses travaux sur les Évangiles des quenouilles, une collection de croyances populaires dans le cadre boccacien de veillées de vieilles paysannes, ont ouvert sur le double questionnement qui n’a cessé d’être le sien : qu’est-ce qui fait sens, qu’est-ce qui fait texte ? Cette œuvre atypique conduit à s’interroger sur les limites de l’emprise du narrateur et à prendre acte de la polysémie inhérente à la multiplicité des registres et des discours présentés dans le récit-cadre. En tant que compilation d’énoncés, elle présente un caractère discontinu et énumératif qui a engagé Madeleine Jeay à s’intéresser à l’écriture par listes et à cet objet poétique singulier. Dans cet ensemble, celles qui sont consacrées aux noms d’auteurs et éventuellement à leurs mécènes, posent la question de cette mise en scène insistante de l’instance auctoriale, notamment dans le corpus lyrique. Une dernière facette des travaux de Madeleine Jeay porte sur le savoir des femmes mystiques, en particulier celui des femmes illettrées capables d’élaborer une forme de théologie vernaculaire personnelle grâce à des communautés de lecture et de discussion.
Madeleine Jeay est professeur émérite en littérature médiévale de l’Université McMaster (Hamilton, Canada).
Madeleine Jeay, La fabrique du texte et du sens au Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2026 ; 1 vol., 482 p. (Essais sur le Moyen Äge, 81). ISBN : 978-2-74536-609-2. Prix : € 70,00.
At the time of his death in 1189, the lands which Henry II had brought under his rule through inheritance, marriage, and military might stretched from Northumbria to Gascony, and across the Irish Sea. This vast agglomeration, often described in English as “the Angevin empire”, and in French as “l’espace Plantagenêt”, was a dominant force in the politics of western Europe until its fragmentation under John, beginning with the loss of Normandy to the French king Philip Augustus in 1204. Yet beyond the forceful personalities of its rulers, what – if anything – bound these wide and disparate lands together? To what extent were they interconnected politically, economically and culturally?
This multi-disciplinary volume brings together specialists in history, literature, material culture, art history, and manuscript studies to approach these questions from a range of different perspectives. From the cultural interactions of courts, to political thought and symbols of power, the diffusion of historical writing, and practical responses of the Angevins to the challenges of governing, whether in Aquitaine or in Ireland, and of waging war in expansion or defence of their territories, this book aims to provoke fresh thinking regarding how we understand the complex nature of the Angevin lands.
S. D. CHURCH is Professor of Medieval Studies at the University of Lincoln and Emeritus Professor of Medieval History at the University of East Anglia.
LAURA CLEAVER is Professor of Manuscript Studies at the Institute of English Studies, School of Advanced Study, University of London.
MATTHEW STRICKLAND is Professor of Medieval History at the University of Glasgow.
Table des matières :
‘Introduction,’ by S. D. Church. ‘Armies of Empire? Military Interconnectivity in the Angevin Lands,’ by Matthew Strickland. ‘Practices of government: power and rule in the continental possessions of the Angevin Empire under the early Plantagenets,’ by Maité Billoré and Frederic Boutoulle. ‘Henry II’s networking on the continent,’ by Alheydis Plassmann. ‘The image and experience of Angevin power in Anjou before and after 1154,’ by Kathryn Dutton. ‘The Angevin Empire in Britain and Ireland,’ by Colin Veach. ‘Gerald of Wales on Imperial Clemency and Angevin Tyranny in De principis instructione,’ by Sigbjørn Olsen Sønnesyn. ‘Is it all about Empire? The Angevins through the Lens of Gift Giving,’ by Jitske Jasperse. ‘History Books in the Angevin World: Culture, Communication and Community,’ by Laura Cleaver. ‘The Sword in the Angevin Empire: Myth, Legend, Theology,’ by Martin Aurell. ‘Challenging “exceptionalism”: Re-assessing twelfth-century Angevin-Aragonese relationships,’ by Antonella Liuzzo Scorpo. ‘The Image of the Angevin Kings and the “History” of the Histories of England in the Spanish-Speaking World,’ by Bernardo Santano Moreno.
Informations pratiques :
The Angevin World, 1154-1204. New Interpretations, éd. Stephen D Church, Laura Cleaver, Matthew Strickland, Woodbridge, The Boydell Press, 2026 ; 1 vol., 362 p. ISBN : 978-1-83765-440-6. Prix : USD 130,00.
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Le corpus Fabliaux, hébergé sur la Base de Français Médiéval[1], offre un accès libre et gratuit à 202 textes édités et traduits en français moderne. Cet ensemble narratif de plus de 55 000 octosyllabes est plus fourni que les répertoires antérieurs car il intègre tous les récits qui, depuis la fin du XIXe siècle et l’édition de Montaiglon et Raynaud, ont été considérés comme des fabliaux par au moins un spécialiste, ainsi que tous les contes à rire insérés dans une œuvre littéraire plus vaste – l’Isopet de Marie de France, les Fables Pierre Aufort, le Chastoiement d’un pere a son fils, le Roman de Renart le Contrefait. Ce corpus élargi permet de réinterroger les frontières du genre, les phénomènes de variation, les logiques de transmission et les thématiques traditionnellement associées aux fabliaux, par le biais des matériaux mis à la disposition des utilisateurs de la BFM (archives numériques, référentiels bibliographiques, notices…) et des outils en libre accès (lexique, index, concordancier, recherches sur l’ensemble des textes édités ou sur un sous-corpus sélectionné).
1 — Définir le fabliau : centralité, périphéries, frontières
Si de nombreux critiques ont remis en question la notion même de genre littéraire au Moyen Âge, les travaux de Patrick Moran ont renouvelé cette réflexion et ouvert des pistes d’analyse susceptibles d’être appliquées au genre fabliesque. On se demandera donc s’il existe des bornes catégorielles nettes du fabliau et s’il est possible d’identifier un noyau définitoire stable. Les critères traditionnels — métrique, brièveté, ruse, comique, autonomie littéraire — demeurent-ils opératoires ? Si l’on devait recourir à une échelle de centralité, quels textes occuperaient une position centrale ? Lesquels se situeraient à la périphérie et pour quelles raisons ? Quelle serait leur place par rapport au noyau central et comment penser ces textes hybrides ? Une fois les bornes catégorielles établies, quels contes du corpus Fabliaux de la BFM se situent indubitablement hors de la catégorie fabliesque, et pourquoi ? On pourra ainsi vérifier les hypothèses d’Isabelle Delage-Béland (2024) concernant le vocabulaire générique apparaissant dans les fabliaux et repenser la question de leurs frontières avec le dit, le lai, l’exemplum et le conte pieux[2]. Le corpus élargi proposé sur la BFM facilitera l’étude des cas limites plutôt que celle des seuls textes canoniques. Ces analyses mettront en lumière la manière dont les critères éditoriaux ont façonné notre perception du genre fabliesque et invisibilisé certains textes, pourtant majeurs.
2 — Les fabliaux et leurs manuscrits
Le corpus Fabliau de la BFM favorise une approche fine de la variance manuscrite et de la mouvance textuelle puisqu’il permet de visualiser, sur une même page, les différentes versions d’un même fabliau et le manuscrit qui les contient. À partir de juillet 2026, plus de soixante-dix témoins secondaires seront édités en ligne et la totalité d’entre eux sera accessible en juin 2027[3]. Il sera ainsi possible de reprendre et prolonger les travaux fondateurs menés par Jean Rychner (1960) afin d’observer comment un même fabliau se transforme d’un manuscrit à l’autre et quelles variantes affectent, par exemple, le comique, la représentation de la sexualité ou de la violence, les moralités, les noms propres ou les références sociales. On se demandera si ces différents témoins attestent l’existence de stratégies de normalisation ou de censure, si certains d’entre eux accentuent la dimension anticléricale, misogyne ou obscène des récits, et s’il existe des réécritures plus “bourgeoises” ou plus “aristocratiques” que d’autres. On s’interrogera également sur les phénomènes de contamination entre les textes et sur la notion même de « version » puisque, là où tel spécialiste reconnaît une version distincte d’un fabliau, tel autre ne verra qu’un témoin particulier d’une seule et même version.
Le corpus numérique de la BFM permet également d’afficher les différents fabliaux contenus dans un seul et même manuscrit. Dans le prolongement des travaux menés par Richard Trachsler (2010) ou Gabriele Giannini et Francis Gingras (2016), on se demandera si les notions de “recueils” s’appliquent aux collections de fabliaux et si des logiques d’organisation ou de regroupement y sont perceptibles. Un élargissement de la réflexion aux réseaux de voisinage littéraire est possible. Des études statistiques sur les contextes manuscrits pourraient ainsi s’avérer fécondes[4].
3 — Approches thématiques
Grâce à son ampleur inédite, le corpus Fabliaux permet de jeter un éclairage nouveau sur des questions déjà abordées par la critique, car il facilite les recherches sur les réseaux lexicaux, les structures narratives, les motifs récurrents ou encore les personnages. On s’interrogera par exemple, à la suite d’Alain Corbellari (2015), sur le matérialisme des fabliaux en étudiant la représentation du corps et de ses besoins, la place occupée par l’argent, le rapport entre matérialisme et rire, ou encore les liens entre langage et corporéité, afin de déterminer si le fabliau propose une anthropologie spécifique. Les formes, les fonctions et les limites du rire demeurent une question centrale, indissociable de celle du genre fabliesque lui-même. On peut ainsi se demander si certains textes méconnus de Gautier Le Leu n’auraient pas été exclus des répertoires de fabliaux parce que leur auteur privilégie un rire cruel, obscène et subversif. La représentation du féminin et du masculin constitue un autre axe incontournable. Comment les femmes et les corps féminins sont-ils mis en scène ? Comment penser aujourd’hui tel texte profondément misogyne ou tel autre évoquant des violences sexuelles ? Des analyses textométriques permettraient de mesurer la place réelle occupée par ce type de fabliaux dans l’ensemble du corpus.
4 — Circulation européenne et comparatisme
Le corpus Fabliaux de la BFM invite enfin à renouveler l’approche comparatiste en confrontant les contes à rire français à leurs homologues allemands, italiens, anglais ou néerlandais[5]. On pourra s’intéresser aux traductions ou adaptations européennes, qui témoignent d’une circulation dont il conviendra d’interroger la nature et les modalités. On cherchera à savoir si les personnages, les structures narratives, les thèmes, les motifs, les valeurs mises en jeu ou la nature même du rire demeurent identiques d’un espace culturel à l’autre. Décèle-t-on des invariants malgré les différences linguistiques ? La circulation d’un fabliau hors des frontières du royaume de France implique-t-elle nécessairement des transformations ? Ces analyses pourraient révéler quels aspects du comique étaient universellement compréhensibles au Moyen Âge et lesquels exigeaient des modifications pour être reçus par un nouveau public. Existait-il un rire typiquement français, allemand, anglais ou néerlandais, ou le rire constituait-il une expérience largement partagée, transcendant les frontières ?
Les propositions de communication relèveront donc aussi bien de l’analyse littéraire, de la philologie, de la codicologie, de l’analyse du discours, des études de genre, de l’histoire culturelle que des humanités numériques. En réunissant des approches méthodologiques diverses autour d’un corpus renouvelé, ce colloque entend favoriser une réflexion collective sur les modes de définition, de transmission et de réception du fabliau, ainsi que sur la place qu’occupe aujourd’hui ce genre dans les études médiévales.
Modalités de soumission
Il sera possible de présenter les communications en français ou en anglais.
Les propositions de communications, sous la forme d’un titre suivi d’un résumé d’une demi-page environ, seront envoyées à corinne.pierreville@univ-lyon3.fr
avant le 31 décembre 2026.
Les réponses seront transmises au début du mois février 2027 au plus tard.
Comité scientifique
Laura Bonanno – laura.bonanno@unito.it
Alain Corbellari – alain.corbellari@unil.ch
Jean-Marie Fritz – jean-marie.fritz@u-bourgogne.fr
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Call for papers for the international conference ‘Irish encounters and Insular influences in the Lake Constance region and beyond – Adoptions, Adaptions, Rejections’ which will be held in Zürich from 3–6 March 2027
Between May and October of last year, the exhibition Words on the Wave: Ireland and St. Gallen in Early Medieval Europe was on display in the National Museum of Ireland, Dublin. The Stiftsbibliothek of St Gall in Switzerland owns 17 early medieval Irish manuscripts and fragments, which were brought to Ireland and there paired with some 100 early medieval artefacts of the National Museum of Ireland. The exhibition was opened by the presidents of both Ireland and Switzerland, and captured the imagination of the entire country. It proved such a success that it was decided to design a comparable exhibition at the Swiss National Museum in Zurich, where St Gall manuscripts will be paired with artefacts from the National Museum of Ireland. It will be on display in between 22 January and 23 May 2027.
To mark this occasion, an international conference will be held in Zürich, 3–6 March 2027 under the theme of ‘Irish encounters and Insular influences in the Lake Constance region and beyond – Adoptions, Adaptions, Rejections’. The question of Irish and Insular intellectual influence in early medieval Europe is a much-debated topic for at least the past 150, from Heinrich Zimmer’s 1891 The Irish Element in Mediaeval Culture to Sven Meeder’s recent The Irish Scholarly Presence at St. Gall: Networks of Knowledge in the Early Middle Ages. As Meeder’s book shows, the Lake Constance region holds a central place in this debate. The conference aims at understanding better the Irish experience and its reception in this region, but also of Insular intellectual and artistic influence — or its rejection — in early medieval Continental Europe more broadly. We particularly invite papers on all aspects that deal with the question of the reception of Insular culture in this region and beyond, through adoption or adaption of Irish / Insular practices, or demonstrable rejection thereof. The call is open to all relevant disciplines, including history, art history, philosophy, theology, philology, linguistics, and others. Please send your proposal by 15 July 2026 to iwarntje@tcd.ie
Après le volume PO 258 (59.3), voici le second et dernier fascicule de la Lettre de Macaire sur la gloire des saints (CPG II/1 2415.6), avec la recension « macariote », conservée en arabe et en éthiopien, ainsi que trois annexes destinées à la comparaison du texte des diverses versions. De celles-ci (grec, géorgien et arabe pour la recension sinaïtique, publiée dans PO 258, ainsi qu’arabe et éthiopien pour la recension macariote, imprimée ici), les deux premières annexes donnent la comparaison chiffrée, d’après le numéro des versets, et mettent en évidence les regroupements. La troisième annexe, elle, fournit en quatre colonnes et en traduction française, une synopse entre toutes ces versions, verset par verset et en faisant ressortir le parallèle à la fois par la disposition typographique et par des couleurs. On espère avoir ainsi fourni au lecteur intéressé un instrument de travail commode pour l’étude de la spiritualité monastique, en particulier celle de la littérature spirituelle « macarienne ».
Table des matières :
Introduction I. La recension macariote (M) 1. Les manuscrits 2. Édition du texte de M : observations philologiques
II. La recension éthiopienne (E) 1. Le manuscrit 2. Édition du texte : observations philologiques
Bibliographie
Éditions et traductions Texte arabe macariote (M) et recension éthiopienne (E), édition en parallèle, apparat critique, traduction
Annexes
Informations pratiques :
Ps. Macarius / Symeon, Lettre de Macaire sur la gloire des saints, éd. Ugo Zanetti, Martina Ambu, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 169 p. (Patrologia Orientalis, 260). ISBN : 978-2-503-62346-7. Prix : € 80,00.
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La deuxième rencontre du projet SocioMA se propose de rouvrir le chantier initié en 1973 par J. Batany, Ph. Contamine, B. Guenée et J. Le Goff sous le titre « Plan pour l’étude historique du vocabulaire social de l’Occident médiéval ». Plus d’un demi-siècle après cet appel, il convient de reconnaître que l’état de l’historiographie en la matière est dans le meilleur des cas dispersé, dans le pire disparate. En posant la question des archétypes sociaux, il ne sera pas toutefois question de se limiter aux seules perspectives lexicographiques, mais bien d’interroger la production des nomenclatures sociales comme un fait social et historique total, indissociable de ses contextes chronologiques, géographiques et documentaires, et ceci à toutes les échelles du jeu social.
Les premières journées d’étude du projet SOCIOMA, qui se sont tenues à Oxford les 11 et 12 décembre 2025, ont permis d’interroger les ressorts de la pensée catégorielle telle qu’appliquée à la société médiévale : quels sont les mécanismes ou procédés intellectuels mobilisés par les acteurs sociaux pour définir, circonscrire et nommer les catégories sociales ? Cette première réflexion collective a permis de mettre en évidence certaines des formes d’un outillage mental mobilisé par les acteurs pour produire des distinctions, des taxinomies ou des hiérarchies : répertoires analogiques, division des arts et des sciences, organisations et répartitions spatiales, catégories morales et théologiques, division des tâches productives, etc. Ces différents outils de la pensée catégorielle sont mobilisés tour à tour ou conjointement pour opérer des distinctions sociales, identifier et nommer des groupes, et finalement esquisser une première sociologie médiévale.
Dans le prolongement des jalons ainsi posés, la deuxième journée d’étude sera consacrée aux archétypes sociaux qui émergent et structurent le paysage sociologique médiéval. Suivant les logiques de « la fabrication pratique » des classifications sociales, les archétypes sociaux peuvent être entendus comme des idéal-types (M. Weber) ou des « points saillants » [Boltanski et Thévenot, 2015], permettant l’appréhension d’un espace social diversifié et polarisé. Dans une perspective de sociologie des interactions, ces « points saillants » sont en effet des positions ou des professions qui sont aisément identifiables car elles ont fait ou font l’objet d’un « travail social de représentation » : leur existence est communément admise du fait d’un discours social qui s’est appliqué à les promouvoir. Dès lors, le processus de catégorisation et de désignation de ces catégories (nomenclatures, taxinomies) fonctionne non pas par distribution mais par « assimilation aux points saillants », à partir de critères variables (âge, sexe, lieu de vie, études et diplômes, rémunération, pratiques culturelles, etc.) et de positions plus ou moins éloignées à ceux-ci dans l’espace social, dessinant les frontières mal définies entre chaque catégorie. En cela, la formation des archétypes sociaux relève d’un double processus d’objectivation sociale, par la promotion d’idéal-types et leur désignation par un vocabulaire dédié qui se diffuse. Ce double processus sera au cœur des préoccupations de ces journées d’étude.
Les sociologues spécialistes des nomenclatures socio-professionnelles ont souligné de longue date l’influence de l’organisation sociale d’Ancien Régime en métiers dans les nomenclatures modernes : « L’organisation en “métiers” est importante car elle façonne une vision du monde social qui constituera toujours un arrière-plan par rapport auquel les découpages suivants se situeront, explicitement ou non », pouvaient ainsi écrire Alain Desrosières et Laurent Thévenot [Desrosières et Thévenot, 2002, p. 9]. Ainsi, avant même la grande compilation élaborée vers 1268 à la demande du prévôt de Paris, Étienne Boileau (Livres des métiers), recensant quelques 100 métiers différents et leur législation [Bourlet, 2015], la nomenclature des métiers de Paris avait pu inspirer, dès 1220-1230, le grammairien Jean de Garlande dans un exercice lexicographique (Dictionnarius) distinguant et nommant 53 métiers distincts [Lachaud, 2006]. Si les législations urbaines eurent un rôle fondamental dans la promotion d’une nomenclature socio-professionnelles dès la période médiévale, elles ne sont pas les seules à avoir été gagnées par cette entreprise de catégorisation qui anima la société chrétienne latine au tournant des XIIe et XIIIe siècles.
Dans leur entreprise pastorale, les clercs furent également des contributeurs décisifs à la « fabrication pratique » des classifications sociales, recourant à une diversité de critères ayant valeur performative : âge, sexe, condition cléricale, profession, etc. Le développement des sermons ad status, par exemple, traduisait l’avènement de cette pensée catégorielle chez les théologiens, adaptée aux logiques peccamineuses et à leurs desseins moraux. Tandis qu’Honorius Augustodunensis distinguait huit « états » d’auditeurs, au milieu du XIIe siècle, le prédicateur Jacques de Vitry, à la fin des années 1220, distinguait dans ses sermones vulgares 31 catégories d’auditeurs, explicitement établies en fonction de leurs « offices » (officia) et de leurs mœurs. Quant au dominicain Humbert de Roman, il entendait s’adresser à « tous les genres d’hommes » en distinguant, dans son De eruditione praedicatorum (v. 1270-1274), une centaine de catégories forgées à partir de « toute la diversité des besognes » (in omni diversitate negotiorum) observables. Ces nombreuses catégories relevaient de l’usage de critères variés, comme le sexe, l’âge, la noblesse, l’état marital, l’état de richesse ou de pauvreté, l’état sanitaire (infirmes, malades), l’état moral (bon, mal) et les états d’âmes (joie, tristesse), les études suivies (disciplines), le niveau de compétences intellectuelles, l’état d’élévation dans la hiérarchie sociale (potentes, magnates, maiores), le cadre de vie (ville, bourg, campagne), les fonctions ou grade dans l’Église, l’appartenance à un ordre religieux ou monastique, ou enfin – mais dans une moindre mesure – la catégorie professionnelle [Bériou, 1998 ; Muessig, 2002 ; Destemberg, 2025].
La pastorale semble avoir eu une importance décisive dans la diffusion de cette pensée catégorielle. Dans les manuels et sommes de confesseurs, elle rejoint les enjeux d’une casuistique juridique et tend à définir des groupes et catégories en fonction d’un profil peccamineux spécifique [Michaud-Quantin, 1962 ; Le Goff, 1964 ; Tentler, 1974]. Son influence, gagne également une littérature morale qui se diffuse au-delà du cercle clérical. Ainsi, dans son jeu d’échecs moralisés (Liber de moribus hominum vel officiis nobilium, v. 1259-1273), le dominicain génois Jacques de Cessoles usait de la métaphore de l’échiquier pour proposer un cadre figuratif à l’ordonnancement catégoriel de la société, consistant à attribuer à un groupe social défini par son « office » une case dans le jeu social [Mehl, 1999 ; Destemberg, 2025]. Traduit en français au milieu du XIVe siècle par Jean de Vignay et Jean Ferron, les pièces populaires de cet échiquier social adoptent la figure des officiers de ville, des métiers de la marchandise ou de la construction, ou encore des maîtres de l’université, se déclinant en 42 archétypes sociaux ordonnés en 8 catégories.
Aux XIVe et XVe siècles, se diffuse une littérature des « états » dont Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer sont l’un des plus célèbres représentants, et dans lesquels l’auteur distingue quelques 29 pèlerins aux profils variés [Mann, 1973]. Se déclinant également sous la forme des danses macabres et leur traduction iconographique, elle tend à fixer dans l’espace public une approche catégorielle sous la forme d’une fresque sociale [Batany, 1984], recensant pas moins de 41 profils sociaux dans celle du cimetière parisien des Innocents, ou 36 catégories distinctes dans son adaptation féminine. Ces dernières traduisent l’existence d’une forme de sémiotique sociale, qui trouve assurément l’une de ses expressions les plus abouties dans les premières ordonnances somptuaires qui, à la fin du Moyen Âge, apparaissent comme une tentative saisissante d’objectivation vestimentaire de l’ordre social et de mise en conformité de la représentation sociale avec les « états » [Bulst, 1997].
C’est de cette dynamique et ses différentes manifestations que la deuxième rencontre du projet SocioMA souhaite rendre compte, en se proposant de rouvrir le chantier initié en 1973 par J. Batany, Ph. Contamine, B. Guenée et J. Le Goff sous le titre « Plan pour l’étude historique du vocabulaire social de l’Occident médiéval » [Batany et alii, 1973]. Plus d’un demi-siècle après cet appel, il convient de reconnaître que l’état de l’historiographie en la matière est dans le meilleur des cas dispersé, dans le pire disparate [Ceruti, 1995 ; Judde de Larivière, 2010]. En posant la question des archétypes sociaux, il ne sera pas toutefois question de se limiter aux seules perspectives lexicographiques, mais bien d’interroger la production des nomenclatures sociales comme un fait social et historique total, indissociable de ses contextes chronologiques, géographiques et documentaires, et ceci à toutes les échelles du jeu social. On pourra, par exemple, s’appliquer à reconstituer quelques archétypes sociaux tels que les médiévaux les concevaient, y compris par une approche monographique de certains types – tels « le mendiant », « le marchand », « le maître », etc. – en renouvelant ainsi l’approche qui avait été celle de Jacques Le Goff dans la volume collectif de 1989. Dans cette perspective, les participants seront invités à se saisir d’un ou plusieurs des trois groupes de questions suivantes :
Quels contextes et supports documentaires voient la promotion de ces types sociaux ? Quels vocabulaires sont mobilisés pour les identifier, tant en latin qu’en langues vernaculaires ? Quelle est la place des taxinomies féminines ?
Quels sont les critères adoptés pour les définir et quelle fluidité entre ces catégories idéal-typiques ? Existe-t-il une iconographie, voire une sémiotique sociale, qui objectivent ces critères et promeuvent visuellement ces catégories en leur conférant des attributs spécifiques ?
En quoi ces archétypes participent d’une lecture hiérarchique de l’ordre social ou, au contraire, témoignent d’un idéal d’harmonie ? Participent-ils d’une distribution du monde social alternant inclusion ou exclusion, et définissent-ils de fait un périmètre de la légitimité ou de l’illégitimité sociales ?
L’espace géographique couvert par les interventions sera l’Occident latin, entendu principalement comme les espaces correspondant à la France, l’Italie, la péninsule Ibérique, l’espace germanique et les îles britanniques.
Modalités de soumission
Les communications d’une durée de 30 minutes pourront être présentées en français ou en anglais. Les propositions devront être adressées à aude-marie.certin@uha.fr et antoine.destemberg@univ-artois.fr,
avant le 10 juillet 2026.
Informations utiles
Ces journées d’études se dérouleront les 10 et 11 décembre 2026, sur la Campus Fonderie de l’Université de Haute-Alsace (Mulhouse).
Les frais de déplacement, de logement et de restauration seront pris en charge par l’organisation.
Comité d’organisation
Aude-Marie Certin (Université de Haute-Alsace / Cresat)
Joël Chandelier (Université de Lausanne)
Antoine Destemberg (Université d’Artois / CREHS – Maison française d’Oxford)
Arnaud Fossier (Université de Bourgogne / LIR3s)
Carole Mabboux (Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis / MéMo)
Sandrine Victor (Institut Universitaire Champollion / Framespa)
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Most medieval manuscripts are now held in specialist libraries, but a century ago there was a flourishing international trade in such books, with London at its centre. The first half of the twentieth century saw new record auction prices and many manuscripts leaving Europe for the USA, but also periods of economic depression and social and political upheaval in which both the economic and cultural values assigned to manuscripts were reassessed. The trade in this period determined the physical destination of many manuscripts, and helped set the direction of scholarship. This book examines the trade in hand-written books produced before ca. 1500 and its impact, from the death of the designer, socialist, and manuscript collector William Morris in 1896 to the Second World War.
Laura Cleaver is Professor of Manuscript Studies at the Institute of English Studies, School of Advanced Study, University of London.
Table des matières :
List of Illustrations
Acknowledgements
Abbreviations
Introduction
Chapter 1. Death Duties, 1896–1902
Chapter 2. Behind the Scenes at Museums, 1900–1904
Chapter 3. Mythologies, 1904–1908
Chapter 4. American Dreams, 1908–1914
Chapter 5. The Great War for Civilization, 1914–1918
Chapter 6. A Roaring Trade? 1919–1929
Chapter 7. Fall and Decline, 1929–1936
Chapter 8. Manuscripts and Monuments, 1936–1945
Conclusion
Bibliography
Index of Medieval Manuscripts
General Index
Informations pratiques :
Laura Cleaver, Britain and the International Medieval Manuscript Trade, 1896–1945, Leeds, ARC Humanities Press, 2026 ; 1 vol., 356 p. (Book Cultures, Medieval to Modern). ISBN : 978-1-80270-324-5. Prix : GBP 158,00.
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Modalités
Créé en 2022, le Prix Alma des Jeunes Chercheur.euses a pour objectif de récompenser les travaux innovants d’étudiants et d’étudiantes en histoire, littérature, philosophie ou philologie médiévales. Pour concourir, il faut être titulaire d’au moins un M1 ou d’un master, avoir moins de trente ans et ne pas être titulaire d’un doctorat.
Il faut également être membre d’Alma-Recherche (inscription sur notre site : http://www.alma-recherche.com). Le lauréat ou la lauréate du prix Alma des Jeunes Chercheur.euses recevra une aide à la publication de son ouvre et recevra une récompense de : Cinq-cents euros
Participer au Prix permet également aux mastérants et mastérantes d’intégrer une communauté de jeunes chercheurs et de faire connaître leur travail à un jury de spécialistes. Ils pourront également être amenés à participer à des évènements scientifiques organisés par l’association ou certains membres du jury.
Pour participer au Prix Alma des Jeunes Chercheur.euses, il suffit d’être membre et d’envoyer son dossier comprenant :
➢ Un résumé du mémoire (en cours de rédaction ou rédigé l’année précédente, 1 pages maximum, police 12, interligne 1.5, Times New Roman),
➢ Une lettre de recommandation du directeur ou de la directrice de recherche,
➢ Un certificat d’adhésion à l’association Alma-Recherche,
➢ Un formulaire de candidature (téléchargeable sur notre site : via ce lien ou dans l’onglet « prix » en cliquant sur le bouton « télécharger le dossier de candidature.)
➢ Un chapitre du mémoire.
Le dossier doit être envoyé en un seul document pdf fusionné à l’adresse suivante, avant le 20 JUILLET2026.
contact@alma-recherche.fr
Si votre dossier est retenu, il vous sera demandé d’envoyer votre mémoire anonymisé et vierge de touteréférence à votre université de rattachement. Tout écart à cette règle est éliminatoire. Les mémoires retenus sont envoyés aux membres du jury dont la liste figure ci-dessous, à la fin du mois d’Août. Les résultats du prix sont publiés dans le courant de la première semaine de janvier.
Composition du jury du Prix Alma 2026
M. Richard Matthew Pollard, Président, Professeur d’Histoire médiévale (UQÀM, Montréal, Québec)
Mme Michèle Gally, Professeure de Littérature médiévale et « médiévalisme, (Aix-Marseille Université, Aix-en-Provence)
M. Christian Trottmann, Directeur de Recherche émérite en Philosophie médiévale, (CNRS, CESR, Université de Tours)
M. Sébastien Rossignol, Associate Professor en Histoire médiévale, (Memorial University, St Johns, Newfoundland-Labrador)
M. Patrick Moran, Associate Professor en Littérature médiévale, (Univesity of British Columbia, Vancouver, British Columbia)
M. Jean Claude Mühlethaler, Professeur Honoraire en littérature médiévale, (Université de Lausanne, Lausanne)
Mme Marie Groult, Maîtresse de Conférence en histoire médiévale, (Université de Rouen-Normandie, Rouen)
Mme Julie Brumberg-Chaumont, Directrice de Recherche en Philosophie médiévale (CNRS, Paris)
Mme Sophie Serra, Post-doctorante en Philosophie médiévale (Université de Lund, CNRS)
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À la fin du XIIIe siècle, dans l’Italie des cités, l’Église ne se contente pas d’encadrer les consciences : elle juge, enquête et tranche. Un document exceptionnel, qui rassemble des dizaines de procès présidés par l’évêque de Pistoia, témoigne de cette intense activité judiciaire. Cette archive ouvre les portes d’un tribunal ecclésiastique et révèle, au plus près des affaires ordinaires, la place du droit dans le gouvernement de l’Église. Le mariage, le crédit ou la propriété se trouvent ainsi éclairés d’un nouveau jour.
À travers ces procès – prêtres accusés de concubinage, usuriers dénoncés par d’anciens clients, épouses cherchant à se séparer d’un mari impuissant ou violent – se dessine une micro-société en mutation. Ces affaires témoignent en effet de l’acculturation croissante de la population au droit, mais aussi de l’affaiblissement progressif du dominium ecclésial. Si l’Église conserve sa juridiction sur le mariage et le clergé, le jeu politique et les transactions économiques lui échappent largement. Pour maintenir son autorité, elle s’appuie donc sur la fama, la « commune renommée », érigeant la réputation en instrument de connaissance et de contrôle. Ainsi se révèle une Église contestée mais profondément ancrée dans le tissu social, au coeur des conflits de la fin du Moyen Âge.
Arnaud Fossier est normalien, agrégé d’histoire, ancien membre de l’École française de Rome et historien médiéviste, il enseigne à l’université de Bourgogne. Ses recherches portent sur l’Église et la religion au Moyen Âge. Il est l’auteur de Le Bureau des âmes (École française de Rome, 2018) et Les cathares, ennemis de l’intérieur (La Fabrique, 2025).
Informations pratiques :
Arnaud Fossier, La réputation au village, Paris, PUF, 2026 ; 1 vol., 400 p. ISBN : 978-2-13088-522-1. Prix : € 25,00.
This volume brings together contributions by colleagues, friends, and (former) students of Rob Faesen SJ on the occasion of his 65th birthday. Rob Faesen was the founder and director for more than twenty years of the Institute for the Study of Spirituality at the Faculty of Theology and Religious Studies, KU Leuven, as well as lecturer at the Ruusbroec Institute, Faculty of Arts, University of Antwerp, and holder of the Francis Xavier Chair at the Tilburg School of Catholic Theology, Tilburg University. In view of the dedicatee’s research interests, this volume of essays focuses on the history of Christian mysticism with three central foci. The first part of the volume is devoted to the medieval mystical tradition, which lies at the heart of Rob Faesen’s research. The second part focuses on the development of mysticism and spirituality in the Franciscan Order, the Devotio Moderna, and the Society of Jesus. The final section of the volume turns to the relations between mystical theology and the liturgy, art, and contemporary thought. The volume thus addresses themes and questions that have been of great interest to Rob Faesen both professionally and personally.
Table des matières :
A Tribute to Rob Faesen SJ John Arblaster
Part I – The medieval mystical tradition
Heaven for Us. The Geography of Prayer in Evagrius of Pontus, Antony of Egypt, and William of Saint-Thierry Douglas E. Christie
“Behold the Battle, Hear the cordis clamor!”. The Conceptual Metaphor LOVE IS WAR in the Song of Songs and Hadewijch’s Songs John Arblaster and Danilo Verde
Reflections on the References to Hadewijch’s Works in the Apparatus of Sources of John of Ruusbroec’s Opera omnia Guido de Baere (Trans. by John Arblaster)
The Journey of the Soul to God in John of Ruusbroec’s Seven Rungs and in Candid Tales of a Pilgrim Lieve Uyttenhove
Baking Bread and Burning Bodies. Mysticism and Preaching in the Middle Dutch Limburg Sermons Lydia Shahan and Thom Mertens
“Lord, Bring Us Where You Are Not”. The Gaesdonck Treatises and a Translation of the First Treatise Michiel Vandenbroucke
Does Mechthild of Hackeborn’s Booke of Gostlye Grace Promote Deification? Louise Nelstrop
Part II – Franciscan and Clarissan mysticism, the Devotio moderna, and the Jesuit tradition
Care as Contemplation / Contemplation as Care in the Clarissan Tradition Krijn Pansters
Hagiographic Memorisation and Performance. Angela of Foligno’s Sources for the Life and Spirituality of Francis of Assisi Michael Hahn
John Duns Scotus. A Mystical Theologian? Dominic Abbott
The Practice of Vision as Theory. Reframing Mystical Theology in the Work of Nicholas of Cusa Inigo Bocken
The Theme of Peace in the Middle Dutch Jhesus collacien Thom Mertens
Gerard Zerbolt van Zutphen and Networks of Bible Readers in the Late Medieval Low Countries Wim Francois
At nunc belle faciunt, cum sese pascunt. The Credibility of Pope Adrian VI and Erasmus as Church Reformers Paul van Geest
The Spirituality and Devotional Practices of Jesuit Missionaries in the XVIIth-century Dutch Republic Joep van Gennip
Christ’s Fool. Jean-Joseph Surin (1600-1665) Dirk Boone (Trans. by John Arblaster)
Early Modern Jesuit Spirituality and the Body. From Games and Sport to Diet Dries Vanysacker and Eleonora Rai (†2025)
Towards Spiritual Perfection and Union with God. Deification in Libertus Fromondus’s Brevis commentarius in Canticum canticorum Anton De Preter
Part III – Mystical theology in relation to art, the liturgy, and modern thought
Pentecost as Image. Enthousiasmos, Ruach, and the Senses. Also a Case-Study of the Benedictional of Archbishop Robert (Winchester Abbey, late Xth century) Barbara Baert
The Image as Word and the Word as Image. Henry of Coesfeld, Rogier van der Weyden, and Mystical Culture in the Later Medieval Low Countries Tom Gaens
Art, Spirituality, and Mysticism. The Resurgence of Mysticism in Contemporary Art Sander Vloebergs
Saint John the Baptist. A Mystico-Liturgical Profile Joris Geldhof
A Prayer for Church Dedication in the Liturgical-Mystical South Dakota Manuscript from Saint Agnes in Arnhem. With an Edition and Translation of the Prayer for Church Dedication Ineke Cornet
Some Observations on The Evangelical Pearl, Gerhard Tersteegen, and Søren Kierkegaard Rik Van Nieuwenhove
The Intuition of Being. The Rehabilitation of Antonio Rosmini, the Question of Ontologism, and Its Relevance to Mystical Theology Patrick Ryan Cooper
Psychological or Mystical “Night”? A Conversation between Edith Stein and Saint John of the Cross Peter Tyler
Julian of Norwich and Jean-Francois Lyotard. Between Word and Image Bradford Manderfield
The Encounter with God. The Life and Work of Fr. Raphaël-Louis OEchslin OP (1907-1991) Anton-Marie Milh OP (Trans. by John Arblaster)
Awakening to the Real within the Love of God. The Metaphysics of Contemplation Jacob Benjamins and Stephan van Erp
Informations pratiques :
Hoghe minne es deen vor dander. Essays on the Christian Mystical Tradition in Honour of Rob Faesen SJ, éd. John Arblaster, Turnhout, Brepols, 2026 ; 1 vol., 535 p. (Bibliothèque de la Revue d’histoire ecclésiastique, 122). ISBN : 978-2-503-60175-5. Prix : € 124,00.
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Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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